RETOURS D'USAGES

Les ceintures de compétences en langues vivantes ou comment élaborer des parcours d’apprentissages différenciés

A l’occasion de l’université d’été de Ludovia, 15ème édition, de nombreux enseignants et autres membres de la communauté éducative vont venir présenter leur expérience avec le numérique sur le thème de l’année, « Innovations & Institutions autour du numériques éducatif ». Ludomag se propose de vous donner un avant-goût de ces ateliers jusqu’au début de l’évènement, lundi 20 août.

 

Gaëlle Hallez & Sébastien Franc présenteront « Les ceintures de compétences en langues vivantes ou comment élaborer des parcours d’apprentissages différenciés » sur la session III.

 

Problématique pédagogique :

Nous avons pu constater que nous avons un public d’élèves venant de différents horizons et nos classes sont de plus en plus hétérogènes, il devient difficile de dispenser des apprentissages identiques à tous les élèves sans différencier, sans prendre en compte les besoins de chacun.

Cette prise en compte des besoins est nécessaire aujourd’hui afin de pouvoir aider au mieux les élèves dans leurs choix de projets d’apprentissages et, à plus ou moins long terme, dans leurs choix de parcours professionnels.

Cette individualisation est donc au cœur des ceintures de compétences ainsi nous nous sommes demandés comment proposer des parcours et des projets d’apprentissages qui correspondent au mieux aux besoins et aux compétences de chacun de nos élèves afin qu’ils puissent s’épanouir et devenir réellement responsables et acteurs de leurs apprentissages en langues vivantes.

Apport du numérique :

Dans ce nouveau dispositif le numérique joue un rôle essentiel, en effet en plus d’être un facilitateur, il se met véritablement au service des apprentissages des élèves. Les outils numériques utilisés, baladodiffusion, tablettes, permettent une individualisation et la mise en place de parcours différenciés et adaptés aux besoins de chacun de nos élèves.

Ils manient différents outils numériques à différents moments de la séquence, comme par exemple compréhension orale en autonomie avec les MP4 , enregistrement audio de différents types sur MP4 ou Anchor pour réaliser des podcasts , montage de projets variés avec les caméras vidéo ou avec Genially, Adobe Spark, Pixton, framapad, mais toujours en fonction de leurs besoins mais aussi de la ceinture visée.

Nous avons également créé un générateur de compétences afin d’aider et de rassurer les collègues qui voudraient se lancer mais qui appréhendent la relecture du CECRL. Cet outil offre la possibilité aux collègues de rentrer les objectifs à atteindre sur la séquence de travail, le générateur leur suggère ainsi une série de compétences à travailler.

Relation avec le thème de l’édition :

La mise en place des ceintures de compétences en langues vivantes constitue une innovation pédagogique. Elle favorise la responsabilisation des élèves et elle pousse au maximum la mise en action des apprenants conformément aux volontés instaurées par le CECRL en 2004.

L’utilisation du numérique a plusieurs atouts dans ce dispositif, il développe leur autonomie, les élèves ont à leur disposition tout le matériel qu’ils veulent et l’utilisent en autonomie totale, il permet également de développer et de répondre à leur créativité, les élèves utilisent des applications comme Genially afin de pouvoir créer des travaux augmentés et au contenus divers (sons/intégration de vidéos).

Enfin, il permet également un retour immédiat sur leurs travaux et leurs erreurs, lorsque les élèves se repassent leur enregistrement, ils vérifient et se rendent compte de différentes erreurs de grammaire, de prononciation par exemple, ils peuvent ainsi recommencer et ayant pris connaissance de l’erreur et en mettant tout en œuvre pour s’améliorer, le numérique permet donc ici une éducation à la prise de conscience de l’erreur et à l’autocorrection.

Synthèse et apport du retour d’usage en classe :

Nous avons mis en place les ceintures de compétences cette année et nous avons rapidement remarqué des changements au sein de la classe et dans nos pratiques. Le premier point concerne le climat de travail ; les élèves sont beaucoup plus sereins, ils se sont affranchis de la contrainte de la note, ils viennent en cours beaucoup moins stressés et cette liberté leur offre la possibilité d’expérimenter davantage lors de la réalisation de leurs projets d’apprentissages.

Nous avons également noté des progrès sur l’estime de soi, les ceintures de compétences mettent en évidence ce que chacun a acquis et est capable de faire sur une thématique donnée mais elles permettent aussi de faire prendre conscience de la marge de progression et des efforts à fournir pour atteindre les compétences suivantes. Les élèves se rendent donc compte facilement de leurs acquis et entreprennent souvent de tenter d’aller plus loin en visant la ceinture d’au-dessus, c’est en effet cette conscientisation qu’ils apprécient, ils peuvent en un coup d’œil voir ce qu’il faut entreprendre pour aller plus loin.

Les élèves sont également plus autonomes, ils sont responsables de leurs choix de parcours et de leurs projets. Nous avons pu aussi observer l’installation progressive d’un système de tutorat entre les élèves sur le plan des compétences, ceux qui sont plus à l’aise dans une compétence aident les autres à la valider, mais aussi sur le plan numérique, les élèves qui connaissent les outils apprennent à ceux qui découvrent.

Plus d’infos sur : Gaëlle Hallez & Sébastien Franc
Retrouvez tous les articles sur Ludovia#15 et toutes les présentations d’ateliers sur notre page http://www.ludovia.com/tag/ludovia-2018/

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