ACTION PUBLIQUE

Le candidat Nicolas Sarkozy ne laisse pas de côté le numérique dans l’éducation

Nicolas Sarkozy en campagne officielle depuis quelques jours, ne propose pas à l’heure actuelle de programme détaillé sur l’éducation numérique sur son site lafranceforte.fr. Il donne avant tout son bilan depuis 2007 en éducation autour de cinq points : l’école primaire a été réformée, les lycées ont été réformés, l’égalité des chances au cœur de l’école, la sanctuarisation de l’école et la lutte contre l’absentéisme, la revalorisation du statut des enseignants.

Pour avoir une vue des projets en matière de numérique à l’école, nous sommes donc allés chercher dans les propositions de son parti, l’UMP, qui a rédigé en juin 2011, un rapport général sur le numérique.

Dans ce programme, on peut bien entendu relever plusieurs points concernant l’e-éducation, largement inspirés du rapport Fourgous. Bien décidé à rattraper son retard en la matière, l’UMP déclare via Laure de Raudière, être très attaché à la mise en place d’une «approche technique, éthique et civique du numérique au sein de la famille, à l’école, dès la primaire».

Il est question d’un développement du numérique à l’école, d’une réappropriation de cette technologie par les enseignants et même par les élèves et les étudiants.

Une étude TNS Media Intelligence révèle que les jeunes, pourtant souvent associés au terme «digital natives» n’utiliseraient le numérique, pour 38% d’entre eux, que pour jouer aux jeux vidéos et auraient très peu de connaissances d’internet. L’école servirait donc à apprendre aux jeunes à se servir des technologies numériques de manière intelligente et utile.

Parmi les propositions de l’UMP, les principaux points que nous avons relevés sont les suivants :

Question matériel…

• Généraliser dans 100% des établissements scolaires les tableaux blancs interactifs  associés à un ordinateur et à un logiciel de création de séquences pédagogiques multimédia.
Il souhaite en ce sens réduire le fossé qui s’est creusé avec certains voisins européens, comme le Royaume-Uni qui affiche 78% de classes équipées en TNI.

• Une généralisation des manuels numériques dans tous les établissements.
Le manuel numérique devrait apporter une nouvelle pédagogie et favoriser un suivi plus personnalisé de l’élève. Il y voit aussi comme avantage le fameux allégement du poids du cartable de l’élève, réflexion qui ne date pas d’aujourd’hui !

• Numériser une sélection de livres, en concertation avec les maisons d’édition, pour constituer une bibliothèque numérique de grands classiques de la littérature, libres de droit

Question formation…

• Former les enseignants à l’usage des technologies numériques dans leur cursus et de façon continue.
Outre le fait d’inclure une formation aux TICE pour les enseignants qui entrent dans le métier avec des examens spécifiques à valider, il s’agit aussi de les inclure dans les formations continues des personnels déjà en activité.

• Nommer dans chaque établissement du second degré un référent sur l’usage des nouvelles technologies.
En quelque sorte, un enseignant volontaire qui serait en charge de diffuser la «bonne parole TICE», d’assurer leur développement dans l’établissement… tout ça contre rémunération car il s’agit là d’intérêt collectif !

• Réadapter le Brevet Informatique et Internet (B2I) et le Certificat Informatique et Internet (C2I), en développant une approche éthique, économique et technique de l’univers du numérique.
«L’enseignement doit dépasser l’approche instrumentale».

• Créer une matière spécifiquement dédiée à l’internet et au numérique au collège et au lycée.
Il entend par là former les jeunes aux dangers d’internet et les sensibiliser à la saisie de leurs données personnelles et donc à un usage responsable.

• Uniformiser la mise en ligne des cours pour les enseignants.
Il est question dans cette proposition de «e-learning», comme vecteur pouvant largement favoriser le travail créatif de l’élève.

Et du côté des ENT…

• Dernier volet, les ENT
Mettre en place l’ENT dès le CP, incluant le cahier de textes et de liaison pour instaurer, dès le début de la scolarité, une relation école-famille.

Rendre l’ENT dans le second degré (collèges et lycées) ainsi que dans les universités, obligatoire dès la rentrée 2012. Pour les universités, l’UMP voit l’ENT comme un véritable outil de modernisation, à l’image des grands campus américains, entrés depuis longtemps dans l’ère du numérique.

En conclusion, un vaste programme pour l’école numérique d’après 2012, bien que ces lignes d’actions soient déjà d’actualité ou en partie engagées.

Il semblerait que l’UMP les ait identifiées avec la ferme intention de s’y attaquer…On pourra cependant se poser la question des moyens qui seront attribués pour développer cette politique, au vu des baisses quasi systématiques de budgets (formation , déplacements, personnels,..) qui sont imposées depuis plusieurs années dans toutes les académies. L’UMP et son candidat auraient-ils l’ambition de réinvestir lourdement dans l’éducation ?  La campagne devrait nous éclairer sur ces derniers points.

Plus d’infos sur : www.projet-ump.fr/

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