RETOURS D'USAGES

Le plan de travail en classe inversée pour différencier son enseignement

A l’occasion de l’université d’été de Ludovia, 15ème édition, de nombreux enseignants et autres membres de la communauté éducative vont venir présenter leur expérience avec le numérique sur le thème de l’année, « Innovations & Institutions autour du numériques éducatif ». Ludomag se propose de vous donner un avant-goût de ces ateliers jusqu’au début de l’évènement, lundi 20 août.

 

Geneviève Ponsonnet présentera « Le plan de travail en classe inversée pour différencier son enseignement » sur la session III, renouvellement des pratiques & numérique.

 

Problématique pédagogique :

Dans l’enseignement « classique », l’élève écoute le cours, le recopie, pose des questions et fait des exercices chez lui, qui lui permettent de s’entrainer, vérifier qu’il a compris et l’aide à mémoriser le cours.

Pendant le cours, ou la correction d’exercices, il est cependant souvent difficile de conserver la véritable attention de tous les élèves : certains s’ennuient parce que cela ne va pas assez vite, d’autres parce que cela va trop rapidement, d’autres parce que le sujet ne les intéresse pas, d’autres encore parce qu’ils ont des difficultés à suivre à cause de troubles DYS, d’autres parce qu’ils n’ont pas réussi à faire les exercices… Il est aussi souvent très difficile de prendre en compte la diversité des profils, des difficultés et le professeur enseigne finalement pour une petite partie de l’auditoire. C’est souvent à l’élève de mettre en place des stratégies pour apprendre son cours, s’exercer et retenir.

Les sciences cognitives montrent qu’il est important, pour mémoriser un cours et s’en approprier les concepts, de le revoir plusieurs fois, de façon espacée, et séquencée. Partant de ce constat, j’ai décidé « d’inverser » ma classe, en permettant aux élèves de réaliser les tâches cognitives simples (prendre connaissance des notions de cours) à distance et en réalisant les tâches plus complexes en classe. En inversant ma classe, l’élève est devenu acteur de ses apprentissages, quel que soit son niveau et son degré d’implication.

L’utilisation d’un plan de travail permet à l’élève de connaître, dès le début de la séquence, la totalité des activités qu’il aura à réaliser, les notions, les compétences à acquérir, tout cela associé à des évaluations formatives, diagnostiques et sommatives qui lui permettent d’apprendre efficacement. Le travail en classe se fait en îlots, pour augmenter les échanges entre élèves, la collaboration et l’entraide, leviers indispensables à des apprentissages solides.

Apport du numérique :

Les notions sont présentées sous forme de « capsules » (courtes vidéos de 5 minutes), déposées sur une plateforme, regroupant les notions essentielles du cours. Les élèves peuvent ainsi regarder plusieurs fois la vidéo, mettre en pause pour recopier les notions : chacun va à son rythme. L’élève est testé avant de revenir en classe, à l’aide de quiz réalisés avec différents outils numériques (via l’ENT, ou d’autres outils). Le professeur a ainsi une vision globale avant la séance : quelles ont été les notions bien comprises, où se trouvent les difficultés ? il est ainsi possible de revenir sur certaines notions une fois en classe.

En présence, il est possible de réaliser des évaluations diagnostiques en utilisant des outils de quiz en direct : les notions retenues sont testées pour évaluer les difficultés, les notions mal comprises, permettant ainsi au professeur de faire immédiatement de la remédiation. Les élèves travaillent ensuite en groupe, utilisant des tablettes ou leur smartphone pour consulter à nouveau les capsules, ou se tester via des exercices en ligne proposés dans le plan de travail. Les travaux collaboratifs réalisés en séance de travaux pratiques, ou pendant les séances de groupe sont déposées sur l’ENT ou sur un mur collaboratif, permettant ainsi une évaluation par le professeur ou par les pairs par exemple.

Relation avec le thème de l’édition :

Lorsque j’ai intégré le GEP (groupe d’expérimentation pédagogique) de l’académie de Versailles, c’était pour y expérimenter, sous la coupe de mon inspectrice, la classe inversée. Notre but était de tester des séances puis d’en analyser les apports pour l’enseignement. C’est donc dans ce cadre que j’ai testé mes premières séances.

Voulant ensuite élargir l’expérimentation dans mes classes, j’ai demandé une aide financière à mon chef d’établissement pour acheter des tablettes qui seraient utilisées dans ma classe. Celui-ci a tout de suite adhéré à cette expérimentation, ce qui m’a permis d’obtenir en conseil d’administration le financement de 20 tablettes dédiées.

Synthèse et apport du retour d’usage en classe :

Depuis quatre ans que j’utilise la pédagogie inversée dans ma classe, mon modèle a constamment évolué.
J’ai d’abord commencé en introduisant quelques capsules, trouvées sur les espaces de partage, pour réaliser une séance. J’ai ensuite décidé de me lancer totalement en réalisant mes propres capsules, déposées sur une plateforme.

Avec l’aide d’une collègue, j’ai conçu des séances complètes (notions de cours, fiches de cours, fiches d’exercices, de TP, d’activités), que j’ai ensuite regroupées sous forme d’un plan de travail.
J’ai introduit par la suite des défis, des missions, donnant à mon cours un but, une contextualisation, nécessaires à l’appropriation. Après quatre ans de recul, je constate que les élèves sont beaucoup plus impliqués dans leurs apprentissages : ils posent davantage de questions, font plus d’exercices, mémorisent mieux le cours, s’interrogent, s’entraident.

Même si la pédagogie inversée n’est pas la seule qui permettent de mettre en activité les élèves, elle a été pour moi la porte d’entrée vers une modification profonde de mes pratiques. Je suis passée du « face à face » au « côte à côte », me rapprochant ainsi davantage des élèves et en étant encore plus à l’écoute des difficultés et des questionnements de chacun d’entre eux.
Même si les élèves se sentent plus libres, ils sont en réalité beaucoup plus guidés pour les amener tous vers le chemin de la réussite.

Plus d’infos sur : Geneviève Ponsonnet
Retrouvez tous les articles sur Ludovia#15 et toutes les présentations d’ateliers sur notre page http://www.ludovia.com/tag/ludovia-2018/

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