POINT DE VUE

Doit-on se fier à sa connexion Internet pour enseigner avec un écran interactif ?

Le cerveau est constitué d’un réseau de neurones lui permettant de mémoriser et calculer. Parmi les productions humaines, Internet est sans doute ce qui ressemble le plus à ce modèle. Internet permet de multiplier la puissance du neurone « classe » en le connectant aux autres neurones. Il est donc logique qu’Internet soit un allié de poids à l’utilisation de l’écran interactif.

L’invention de l’eau courante

L’approvisionnement en eau n’a pas toujours été aussi simple qu’aujourd’hui dans nos contrées, comme nous le rappelle ce que vivent encore certaines régions du Monde.

Pour un homme du Moyen-âge, difficile d’imaginer ce que l’on pourrait faire avec l’eau arrivant directement sur le lieu d’utilisation. Il en est de même avec Internet. Les premières connexions étaient lentes, payantes et l’on désactivait la connexion dès que l’on avait fini de l’utiliser.

Aujourd’hui, Internet assure un débit important et que l’on utilise de façon continue, sans se soucier de « couper » son approvisionnement après usage, ce qui permet aux ordinateurs et autres outils de se mettre à jour, ou d’assurer d’autres fonctions, plus ou moins désirées.

Voyons ce qu’apporte l’eau courante, pardon, Internet à haut débit, à la classe utilisant un écran interactif.

Photo : L’arrivée de l’eau courante a multiplié les usages de l’eau. https://pxhere.com/fr/photo/1436711

En direct

Un des très gros intérêts de l’écran interactif (trouvez la définition de l’écran interactif ici) est de permettre la réalisation en temps réel de documents en fonction des réactions des élèves. Il peut donc arriver que l’on doive effectuer une recherche en direct ou trouver une image qui ne serait pas encore dans l’ordinateur.

Effectuer cette recherche en direct peut s’avérer risqué. Des précautions s’imposent pour filtrer les contenus qui pourraient être déplacés afin d’éviter une réaction inadéquate des élèves. En plus des filtres mis en place par les rectorats et/ou les moteurs de recherche, deux précautions peuvent être utiles :

  1. Geler ou désactiver l’affichage de l’écran le temps de la recherche. L’enseignant voit sur son seul moniteur l’affichage du résultat et peut alors décider de l’afficher ou pas sur l’écran de la classe.
  2. Effectuer la recherche avant la séance pour vérifier ce qui va apparaitre. C’est indispensable lorsque les élèves doivent travailler en autonomie, seuls ou en groupes.

Se connecter pour collaborer

Nous avons vu dans l’article précédent que la collaboration pouvait s’effectuer directement sur l’écran, mais le développement de l’usage des Smartphones, tablettes et ordinateurs individuels autorise des collaborations à distance, à l’intérieur du même local, mais aussi depuis d’autres lieux, par exemple, avec des correspondants.

À l’intérieur de la classe, le Bluetooth ou le Wifi peuvent suffire, mais au-delà, l’accès à Internet est indispensable.

En France, les classes sont en grande partie équipées d’Internet avec 50 % des salles en lycée.[1] En primaire, les professeurs qui souhaitent utiliser Internet en classe le peuvent,[2] avec environ 90 % des écoles équipées avec un débit supérieur à 512 kbit/s et plus de la moitié des salles connectées dans ¾ des écoles.[3]

Bien sûr, comparé aux pays voisins, un grand effort reste à accomplir, mais les collectivités ont pris conscience de la nécessité d’équiper les établissements et l’on devrait rapidement rejoindre les pays dont 100 % des écoles sont connectées en haut débit et de tableaux ou écrans interactifs.[4]

Mon ENI est connecté

Partons du principe que si vous êtes équipés d’un ENI, vous disposez aussi d’une connexion à Internet.

Cette connexion vous permet bien sûr de naviguer, mais surtout, vous ouvre l’accès à des possibilités exploitables en temps réel, que ce soit à l’intérieur de votre logiciel d’écran interactif (Promethean Classflow, SMART Notebook & SMART Lab) ou même directement avec le système d’exploitation Android, quasi présent dans la totalité des écrans interactifs.

Ici avec SMART ClassLab, en quelques instants, l’enseignant ou des élèves peuvent réaliser des QCM et autres activités, y compris des questions ouvertes. À l’aide de leurs matériels individuels, les élèves répondent ensuite, seuls ou en équipes. Ce dispositif peut être utilisé pour un contrôle des connaissances, ce qui est moins stressant pour les élèves qu’une épreuve sur papier…

Si votre logiciel interactif ou votre écran n’est pas doté de cette fonctionnalité, vous pouvez toujours utiliser une application en ligne qui permet de réaliser des actions similaires.

Citons, par exemple Mentimeter www.mentimeter.comn Socrative www.socrative.com ou Questy (téléchargeable) www.questy.fr qui permettent de créer des QCM en ligne.

Des logiciels de cartes heuristiques peuvent être intéressants à exploiter sur un écran, notamment www.mindmeister.com, mais aussi les applications dédiées incorporées aux logiciels comme SMART Notebook ou Promethean Classflow.

Prenons l’exemple de « Criez-le » faisant partie du ClassLab incorporé à SMART Notebook. Les élèves se connectent à l’application avec smartphones, tablettes, ordinateurs et peuvent envoyer directement sur l’écran interactif SMART des mots ou images qui seront ensuite exploités en grand groupe, par exemple pour réaliser une carte heuristique, effectuer une opération de tri, de classement ou tout simplement pour alimenter la galerie du logiciel s’il s’agit de photos de réalisations. Cela évite d’avoir à récupérer une à une les photos sur chacun des appareils utilisés…

La configuration de l’application « Criez-le » de SMART. Les élèves peuvent envoyer textes ou images, de façon aléatoire ou en les classant en catégories. L’enseignant peut définir le nombre de réponses maximum par élève et décider d’afficher ou pas, le nom de celui-ci. Cela permet de demander une précision à l’expéditeur.

 

En matière de conclusion

La réponse à la question de savoir si les écrans interactifs doivent être connectés est indubitablement « oui ».

Il faut en revanche se prémunir de quelques dangers ou problèmes et bénéficier d’une liaison de bonne qualité, ce qui n’est pas toujours le cas.

En cas de problème, une activité prévue en connexion peut toujours être réalisée d’une autre manière. Moins facilement, d’une façon moins motivante pour les élèves et sans le même retour d’information pour l’enseignant, mais cela permettra de sauver tout de même l’activité. Et reconnaissons-le, même dans les zones rurales où est parvenu l’ADSL ou la fibre, le fonctionnement d’Internet est globalement très satisfaisant ou en passe de le devenir (plan France très haut débit).[5]

Dans le prochain article, nous verrons à travers quelques exemples, comment l’écran interactif, combiné avec Internet et ses capacités de gestion de classe permet d’améliorer la collaboration en classe.

Notes…

[1] Selon la note d’information de la DEPP N° 18.20 de Septembre 2018.

http://cache.media.education.gouv.fr/file/2018/61/5/depp-ni-2018-18-20-disparites-d-equipement-numerique-entre-les-lycees_994615.pdf

[2] Les freins à l’utilisation sont plus d’ordre psychologique, car 100 % des écoles disposent d’Internet. C’est souvent le coût des travaux de câblage et le refus d’utiliser le Wifi qui bloquent l’utilisation. Le CPL permet de débloquer ces situations à très faible coût.

[3] Selon « Focus n° 2/avril 2017 » de la DPS de l’Académie de Lyon. Les résultats sont extrapolables à d’autres académies. http://cache.media.education.gouv.fr/file/focus/80/7/FOCUSetic1_2017_761807.pdf

[4] Voir par exemple le Québec avec son programme « L’école 2.0 » : La classe branchée (2011-2016) 73 qui a permis d’équiper les classes de l’éducation préscolaire et de l’enseignement primaire et secondaire du réseau public québécois d’un tableau numérique interactif (TNI) et chaque enseignant, d’un ordinateur portable, la connexion en haut début des écoles ayant été réalisées dans la décennie précédente.

[5] Le plan France Très Haut Débit vise à la couverture du territoire pour 2022. www.francethd.fr

 

Auteur : Bernard-Yves Cochain

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