ACTION PUBLIQUE

Mener un projet de lycée 100% numérique : c’est possible dans une démarche de co-construction!

Nous avons recueilli le témoignage d’une cheffe d’établissement en Région Ile-de-France, qui mène un projet de lycée 100% numérique depuis trois ans, en co-construction avec ses partenaires, à la fois collectivité et éducation nationale.

Sylvie Perron, proviseure au lycée Robert Schuman de Charenton-le-Pont ne « lâche » rien depuis 3 années. Avec ses équipes dynamiques de direction et d’enseignants, elle a réussi à donner à ce lycée tout jeune, sorti de terre en 2009, une véritable âme de vainqueur, tant par les résultats des élèves (87% des élèves ont leur BAC en 3 ans) que par l’ambiance qui y règne…À faire des envieux…

C’est en misant sur le pari du « 100% numérique » que lui a proposé la Région en 2016, accompagnée par les équipes du rectorat de Créteil et notamment la DANE, que l’établissement a franchi, pas à pas, les objectifs « exigeants » qui lui avaient été fixés.

« Lorsqu’on me propose cela en 2016, les usages avec le numérique étaient certes, développés, mais avec peu d’outils à notre disposition ; cependant, il y avait une certaine demande », souligne-t-elle.

Une motivation forte des équipes pédagogiques : un des facteurs de réussite du projet.

Avec un lycée datant de 2009 et une population de collégiens du Val de Marne, « qui arrivaient avec une certaine appétence pour le numérique », elle réfléchit sérieusement à cette proposition.
Dressant rapidement un état de la situation : un lycée non relié à la fibre, sans WIFI et doté d’ordinateurs dont certains ne pouvaient même pas se connecter à l’ENT, la proposition de la Région allait vite trouver écho auprès des équipes pédagogiques du lycée ; « des équipes qui avaient vu naître le lycée et qui, depuis le début, ont tout donné », souligne-t-elle.

À la question : quel doit être le cœur du projet 100% numérique, l’équipe lui a répondu « réseau social, mobilité, animation des espaces de vie des élèves (…)»

« Et donc, nous sommes partis sur de la mobilité, partout et tout le temps ».

Tout lâcher ! Un lycée 100% numérique et 100% mobilité pour mieux développer les usages numériques des élèves : un pari ambitieux.

A l’exception de la cantine où les élèves doivent se déconnecter et de la cour de récréation « où ils doivent s’oxygéner », les élèves peuvent utiliser leur appareil connecté dans tous les endroits du lycée ; des espaces qui s’aménagent peu à peu pour leur permettre d’avoir des usages numériques en dehors de la classe.

En parallèle, les enseignants ont été formés à l’usage de nouveaux outils, à de nouvelles pratiques et ont été mis en synergie avec d’autres établissements scolaires, « pour, au final, aller vers plus de dialogue pédagogique entre les enseignants ».

« Parce que, au bout du bout, le numérique, c’est intéressant, mais seulement si on fait réseau, si on peut partager, si on peut aller plus loin dans la manière de faire classe ».

Cette cheffe d’établissement convaincue que le numérique est une des clés de réussite des élèves, reste prudente : sans des enseignants qui se remettent constamment en question sur leurs pratiques pédagogiques et qui collaborent entre eux, le numérique n’apporte rien de plus.

Une politique volontariste de la Région pour ses lycées 100% numérique.

Une équipe d’enseignants motivés ne suffit pas sans le matériel qui va avec. Sylvie Perron reste aussi lucide face à cette problématique que connaissent nombre d’établissements et qui n’ont pas tous la chance du lycée Robert Schuman.

La Région Île de France a toujours apporté son soutien matériel pour répondre aux besoins d’équipement, « voire même a impulsé », explique-t-elle.

« Là où nous n’aurions pas osé aller, la Région nous répondait : vous pouvez aller encore plus loin si vous pensez que c’est important pour votre établissement scolaire et que les équipes pédagogiques en ont besoin ».

« C’est vrai qu’on a osé ; on a mis le paquet dans ce projet 100% numérique et la Région est allée au-delà du projet de départ ».

Co-construction, collaboration et « contorsion »

La collaboration entre les services de la collectivité et de l’éducation nationale s’est faite tout naturellement au fil des mois. Sylvie Perron est convaincue que, oui, il est possible de travailler ensemble et de co-construire, pour la réussite des élèves.

« Nous sommes dans la 4ème année et tout n’est pas fini ; on continue, tout en essuyant les plâtres parfois. Un chef d’établissement, une équipe de direction et une équipe pédagogique doivent savoir s’adapter en permanence (…) ».

 « Et avec l’outil numérique, on peut quand même faire des contorsions, même en étant pas très souples ; c’est plus facile », conclut-elle.

 

Sur le même sujet, revoir aussi notre reportage sur « Co-construction : le maître-mot de la Région pour accélérer les usages numériques dans les lycées franciliens ».

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