RETOURS D'USAGES

Collaborer avec nos étudiant.e.s pour élaborer une plateforme d’apprentissage en langue étrangère : échange de bons procédés

A l’occasion de l’université d’été de Ludovia, 15ème édition, de nombreux enseignants et autres membres de la communauté éducative vont venir présenter leur expérience avec le numérique sur le thème de l’année, « Innovations & Institutions autour du numériques éducatif ». Ludomag se propose de vous donner un avant-goût de ces ateliers jusqu’au début de l’évènement, lundi 20 août.

 

Géraldine Larguier présentera « Collaborer avec nos étudiant.e.s pour élaborer une plateforme d’apprentissage en langue étrangère : échange de bons procédés » sur la session III renouvellement des pratiques & numérique et sur la session IV Espaces classes & organisations scolaires.

 

Problématique pédagogique :

Certain.e.s enseignant.e.s ont envie de tester la classe inversée et de mieux exploiter l’ENT que l’institution met à leur disposition mais il arrive souvent qu’une appréhension technique freine leur motivation : quel outil numérique utiliser pour faire une capsule ? Comment scénariser la capsule ? Quel contenu mettre dans cette vidéo ? Comment la rendre efficace tout en captant l’attention des apprenant.e.s ?

Force est de constater que de nombreux collègues jugent difficile le fait de se lancer seul.e.s dans la construction d’un espace d’apprentissage sur l’ENT. Même si l’institution propose des formations sur la gestion de l’ENT et sur la classe inversée, la mise en place est très exigeante et la solitude peut être un frein aux bonnes intentions. Pour ceux et celles qui envisagent de passer à l’action, un autre écueil apparaît vite : la dimension chronophage de la création de capsules. Comment faire pour créer rapidement toutes les vidéos nécessaires ?

Parallèlement, du côté des étudiant.e.s, notamment ceux et celles qui se destinent à l’enseignement, de nombreux travaux sont réalisés tout au long de la formation universitaire : fiches pédagogiques, capsules, qui sont lues et appréciées par le seul enseignant et rarement exploitées à d’autres fins. Or, les étudiant.e.s actuels bénéficient d’une formation technologique aux outils numériques et apprennent à les inclure dans leurs propositions pédagogiques. D’où une certaine frustration de leur part de ne pas mettre en valeur ces productions, ces savoir-faire.

Comment mettre en lien, d’un côté, les enseignant.e.s qui détiennent les savoirs «savants » et l’expérience du terrain, mais qui ont parfois peur de se lancer dans l’utilisation des outils numériques et de la classe inversée et, d’un autre côté, les étudiant.e.s qui possèdent les savoirs technologiques et l’approche théorique de la classe inversée mais qui, eux, n’ont pas encore de destinataires réels pour leurs productions et manquent souvent d’expérience ?

Apport du numérique :

L’atelier proposera une piste expérimentée à l’Université de Pau et Pays de l’Adour : le travail en collaboration et sur un pied d’égalité entre enseignantes de Français Langue Etrangère et étudiant.e.s de Master 2 FLE. Des binômes enseignante/étudiant.e.s ont été mis en place pour concevoir une capsule destinée à des apprenant.e.s de FLE. Chaque enseignante a travaillé à distance ou en présentiel avec 1 ou 2 étudiant.e.s pour élaborer une capsule et des quiz en ligne.

L’ensemble des capsules a été rassemblé dans un espace commun sur l’ENT de l’université afin de proposer aux apprenant.e.s FLE une plateforme d’apprentissage à distance soit pour des remédiations sporadiques, soit pour travailler en classe inversée en présentiel. Ainsi, les outils numériques (capsules, quiz, ENT) leur ont permis de développer le travail en autonomie chez eux et ont introduit la pratique de la classe inversée dans le cours de langues.

Relation avec le thème de l’édition :

L’institution, quel que soit le niveau concerné, encourage le développement de l’apprentissage à distance, qu’il s’agisse de l’ENT ou de la classe inversée. De fait, l’ENT sert assez souvent à déposer des documents pdf, ou, au mieux, des fichiers audios ou vidéos. Or, les ENT offrent bien d’autres potentialités inexploitées. Ce projet a le mérite d’emmener les enseignant.e.s à découvrir, grâce aux étudiant.e.s, les autres potentialités de l’ENT.

Il en est de même pour la classe inversée : si l’institution incite à la pratiquer, elle propose rarement un étayage autre que ponctuel qui aiderait et accompagnerait les enseignant.e.s à mener à bout leurs projets.

D’autre part, l’İnstitution modélise souvent des relations convenues et hiérarchiques entre enseignant.e.s et étudiant.e.s. Ce projet invite à repenser les relations institutionnelles auxquelles nous sommes habitués : le fait de travailler en collaboration, sur un pied d’égalité, entre pairs, ébranle les statuts et redynamise les relations sociales et pédagogiques. En assouplissant les relations institutionnelles, le travail collaboratif nous confronte à la créativité de nos étudiant.e.s et nous ouvre de nouvelles perspectives, plus audacieuses grâce à leurs regards neufs portés sur nos disciplines.

Synthèse et apport du retour d’usage en classe :

Sur le plan matériel, ce projet de collaboration a donné naissance à un espace de formation à distance pour les apprenant.e.s FLE qui peuvent désormais avoir accès à une série de capsules et de tests en ligne auto-corrigés pour combler certaines de leurs lacunes ou pour travailler en classe inversée avec leur enseignante.

D’autre part, faire travailler en équipe des expert.e.s en technologie et des expert.e.s en savoirs « savants » et en pédagogie a permis de créer des capsules validées tant sur le plan du contenu que sur celui de la forme.

L’enrichissement personnel a été réciproque : les enseignantes ont été initiées à la scénarisation de la classe inversée et aux potentialités et limites de cette pratique, sur une période assez longue, tandis que les expert.e.s en technologie ont non seulement bénéficié de l’expérience de terrain des enseignantes mais ont aussi vu leurs productions utilisées par des apprenant.e.s FLE. Leurs travaux ont eu des destinataires réels et ils ont pu être utilisés par plusieurs groupes : archivés, ils seront même réutilisés à chaque nouvelle session d’apprenant.e.s.

Ce projet de travail collaboratif entre expertes des «savoirs savants» et expert.e.s des «savoirs technologiques» peut se décliner selon le contexte : à l’université, mais aussi dans les ESPE et autres centres de formation, ou pourquoi pas, dans les collèges ou lycées, l’important étant qu’il y ait un enrichissement réciproque entre les deux parties et une complicité bienveillante.

Plus d’infos sur : Géraldine Larguier
Retrouvez tous les articles sur Ludovia#15 et toutes les présentations d’ateliers sur notre page http://www.ludovia.com/tag/ludovia-2018/

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