DECRYTAGE 🤯 L’intelligence artificielle, et en particulier les IA génératives comme ChatGPT, Mistral ou Gemini, s’invite désormais partout : dans nos pratiques professionnelles, personnelles… et bien sûr éducatives. Capables de produire des textes, des images, des sons ou du code, ces outils ne sont plus de simples moteurs de recherche : ils deviennent de véritables assistants cognitifs.
Une évolution majeure qui pose une question centrale pour l’école et l’université : comment apprendre, enseigner et évaluer dans un monde où les machines peuvent « faire avec nous », voire parfois « à notre place » ?
C’est autour de ces enjeux que se tiendra la 23ᵉ Université d’été de Ludovia, qui rassemblera enseignants, chercheurs, formateurs et acteurs des EdTech autour du thème :
« Intelligences artificielles & datas en classe et dans les établissements ».
Former avec, aux et contre l’IA
Ludovia ne se place pas dans une logique de pour ou contre l’intelligence artificielle. Le véritable enjeu est ailleurs : accompagner les usages de manière éclairée, pédagogique et responsable.
- Former avec l’IA, c’est utiliser les IA génératives comme des outils au service des apprentissages : aide à la reformulation, à la créativité, à l’exploration d’idées. Mais cela suppose de concevoir des situations pédagogiques où l’élève reste actif, critique et auteur de ses productions.
- Former aux IA, c’est développer de nouvelles compétences : savoir dialoguer avec ces systèmes, formuler de bonnes requêtes, analyser leurs réponses, comprendre leurs limites, leurs biais, leurs modèles économiques et les enjeux juridiques qu’ils soulèvent. Une nouvelle forme de littératie numérique et informationnelle devient indispensable.
- Former contre, enfin, vise à préserver l’autonomie humaine : savoir penser sans assistance, mémoriser, coopérer, créer du sens par soi-même. Certaines situations pédagogiques sans IA restent essentielles pour éviter la dépendance technologique et maintenir un esprit critique.
Quatre grands axes pour penser l’éducation à l’ère de l’IA
Pour structurer les échanges, Ludovia propose quatre axes de réflexion, ouverts à la fois aux travaux de recherche et aux retours de terrain.
1. Apprentissages, littératies et autonomie
Les IA redéfinissent les compétences attendues des élèves : il ne s’agit plus seulement de maîtriser des savoirs disciplinaires, mais aussi de comprendre comment interagir avec des outils algorithmiques. La question des inégalités est centrale : ces technologies réduisent-elles ou accentuent-elles les écarts entre les élèves ?
2. Scénarios pédagogiques et évaluations
Comment concevoir des activités et des évaluations quand les productions sont coproduites avec une IA ? Que peut-on déléguer à la machine, et que doit-on absolument préserver comme travail humain ? L’IA peut-elle devenir un outil d’aide à l’évaluation, voire un « coévaluateur » ?
3. Éthique, régulation et responsabilité
Derrière les usages se posent des questions essentielles : protection des données, biais algorithmiques, transparence, impacts environnementaux, dépendance aux grandes plateformes. Former à l’IA, c’est aussi former à un usage éthique et responsable.
4. Transformation des métiers et rapports au savoir
L’IA transforme les métiers de l’enseignement, de la formation et de l’ingénierie pédagogique. Elle modifie aussi notre rapport au savoir, à l’intelligence et à la création. Entre fascination, inquiétude et résistance, comment accompagner ces mutations sans freiner l’innovation ?
Une place centrale pour les pratiques de terrain
Fidèle à l’ADN de Ludovia, cette université d’été valorise fortement les retours d’expérience. Analyses de séquences pédagogiques, dispositifs d’évaluation, démarches de formation, observations des usages et résistances sur le terrain : les contributions issues de la pratique sont encouragées, aux côtés des apports scientifiques.
À travers ce thème, Ludovia affirme une ambition claire : aider la communauté éducative à faire des choix éclairés, pédagogiques, éthiques et politiques, pour que l’intelligence artificielle et les données deviennent de véritables leviers d’émancipation, et non de nouvelles contraintes.
Un rendez-vous incontournable pour penser ensemble l’école et la formation à l’ère de l’IA.





