ACTION PUBLIQUE

Signature du Contrat d’Objectifs et de Performance du CNED : une vraie révolution pour les apprentissages !

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, ont signé le 04 avril 2019, avec Michel Reverchon-Billot directeur général du CNED, le contrat d’objectifs et de performance qui définit la stratégie de l’établissement pour la période 2019-2022.

« Aujourd’hui, le COP étant signé, nous avons une vraie trajectoire pour 4 ans, écrite, lisible, décrite qui, aussi bien en interne qu’en externe, va considérablement faciliter les choses », souligne Michel Reverchon-Billot dans une interview qu’il a bien voulue nous accorder le jeudi 11 avril, quelques jours après cette signature historique.

Avec 80 années d’existence, l’utilité sociale du CNED n’est plus à démontrer. L’établissement permet à ceux qui sont éloignés du système éducatif d’accéder à la formation ou encore à d’autres, en reprise d’études, d’obtenir une qualification professionnelle. Il offre également à des enseignants en situation difficile de nouvelles perspectives de carrière. Faciliter l’intégration de tous et permettre à chacun de (re)trouver sa place dans la société, voilà finalement la raison d’être du CNED.

Il faut souligner que c’est la première fois qu’un COP est signé avec les ministres pour le CNED, « On a véritablement un engagement conjoint des ministres et des ministères d’une part et du CNED d’autre part, pour avancer dans une trajectoire qui est partagée par les deux parties », souligne Michel Reverchon-Billot.

Avec la signature du COP, le CNED s’engage dans une transformation d’une autre dimension, une « révolution » pour les apprentissages, autour de quatre axes.

Positionner le CNED comme une Académie Numérique

En avant-propos, Michel Reverchon-Billot insiste sur le fait que, pour ce qui concerne l’académie numérique, nous entrons dans une phase de préfiguration qui nécessitera une validation des propositions par le ministère.

« Nous allons préfigurer cette Académie Numérique ; ce qui m’intéresse, c’est de pointer en quoi cette Académie peut être une plus-value pour le CNED, pour les territoires et pour le National ».

Explications de texte sur le terme « Académie numérique »

«Devenir Académie Numérique, cela signifie que le CNED devient plus visible sur son champ de compétences qui est l’enseignement à distance et l’hybridation, en appui aux académies et permettre par cette expertise de proposer une offre augmentée de formation et de services à destination des élèves ».

Cette visibilité, par exemple, devrait pouvoir se matérialiser par la reconnaissance, pour les élèves et pour les enseignants du CNED, comme étant des élèves et des enseignants à part entière du système éducatif, de bénéficier de services, comme, par exemple, ceux que propose la DNE pour les ressources.

« Nous devons donc atteindre une fluidité au niveau des systèmes d’information pour que les enseignants et les élèves du CNED soient des élèves et des enseignants à part entière du système éducatif et qu’ils bénéficient de l’ensemble des services disponibles ».

Si on poursuit dans la réflexion sur les élèves (79 000 apprenants au CNED), ils pourront ainsi, disposer du livret scolaire numérique, « ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui », précise Michel Reverchon-Billot.

Le titre d’Académie Numérique, engage donc tous les acteurs du système éducatif à penser au CNED au même titre qu’aux autres académies et ainsi de l’inclure plus naturellement dans toutes les évolutions qui touchent les établissements en présence.

Un passage au CNED pour les enseignants : une valeur ajoutée à promouvoir dans leur carrière ?

Aujourd’hui, tout enseignant ne peut pas venir au CNED ; il doit être en poste adapté.

Michel Reverchon-Billot est persuadé qu’une expérience en enseignement à distance, par exemple pour 2 ou 4 ans, pourrait être très valorisant pour l’enseignant mais aussi profitable aux académies.

« Qu’ils viennent construire des compétences autour du e-learning au CNED et qu’ils en fassent bénéficier les académies ensuite est une piste à explorer ».

« Cela peut être un vrai accélérateur de déploiement du numérique dans l’ensemble de l’écosystème ».

« Puisque nous sommes sur des métiers très spécifiques qui n’existent pas en présentiel, mais qui seront de plus en plus utiles si les académies veulent aller sur de l’hybridation, par exemple ».

A terme, le CNED pourrait augmenter l’offre des établissements ; avec la réforme du BAC, par exemple, un élève pourra choisir une spécialité au CNED, à distance sous réserve de l’accord des recteurs d’académie.

« Ce qui permettra à l’élève d’acquérir, en plus des compétences disciplinaires, des compétences numériques, des compétences d’organisation et d’autonomie », ajoute Michel Reverchon-Billot.

Dans ce cadre, choisir le CNED n’est pas un choix par défaut mais le choix d’une nouvelle forme d’apprentissage complémentaire à l’offre en présence.

« Le CNED n’est plus seulement un établissement de compensation, mais s’affirme, par l’Académie Numérique, comme un établissement de complémentarité ».

Amélioration de la qualité de l’offre de formation

« Comment nous construisons, au CNED, une qualité exemplaire en s’appuyant sur les exigences des inscrits ».

Exploitation des données d’apprentissage

La question des traces et des données est donc au cœur des préoccupations pour atteindre ces objectifs de qualité.

« En classe, avec ses élèves devant lui, l’enseignant a de nombreux indicateurs, des signaux faibles qui lui permettent de savoir si l’élève rencontre ou non des difficultés ; à distance, nous sommes complétement aveugles par rapport à ces signaux », souligne Michel Reverchon-Billot.

Connaître mieux ses élèves à distance, ou « comment mieux décrire pour mieux prescrire ».

Pour cela, le CNED a fait appel à la Recherche et finance la thèse d’une doctorante du laboratoire LORIA à l’Université de Lorraine sur le sujet de l’apprentissage des élèves à distance et les données récoltées dans le cadre de cet apprentissage à distance.

« Nos attentes sont claires : que la doctorante puisse nous fournir des algorithmes à intégrer dans le système de manière à nourrir la réflexion autour de l’accompagnement des élèves, anticiper le décrochage et plus largement identifier les difficultés ».

Améliorer la qualité des interfaces et favoriser les échanges

Les interfaces des environnements de travail ne sont pas oubliées et font partie intégrante de la réflexion sur la qualité, « à la fois des interfaces qui accompagnent mieux mais aussi plus modernes, plus fluides et qui sont plus proches des usages sociaux des élèves, avec un souci particulier sur l’accessibilité ».

Pour rester sur le sujet des usages sociaux, le CNED tient également à utiliser cet atout pour réfléchir à créer du réseau entre les apprenants, utiliser le web social.

« Comment créer des communautés d’apprenants, qui sont souvent très isolés, autour de projets, d’échanges, alors que l’isolement est actuellement un facteur fort de décrochage », explique Michel Reverchon-Billot.

Agir sur les leviers de croissance de l’établissement

Aujourd’hui, le CNED, c’est 50 millions de chiffre d’affaires par an. Ce chiffre d’affaires, « est à reconstruire tous les ans », précise Michel Reverchon-Billot.

Des nouvelles pistes sont donc explorées pour pouvoir stabiliser le chiffre d’affaires, comme notamment, la formation professionnelle continue « sur laquelle nous allons nous positionner de façon plus volontariste notamment avec la réforme de la formation professionnelle » ; et en deuxième point, le développement à l’international.

Élargir l’offre à l’international

Aujourd’hui, l’offre du CNED est surtout présente comme appui à la scolarisation des élèves français ou francophones à l’étranger.

Michel Reverchon-Billot tient à se positionner en accompagnement du plan francophonie du président de la République « pour faire du français, une langue de l’employabilité ».

Il part du principe qu’il y a toute une partie de jeunes francophones, avec des parcours scolaires compliqués, « qui sont entrain de décrocher de la francophonie ». Pour lui, la montée démographique annoncée qui devrait amener à un développement très important de la francophonie, « ne garantit pas l’atteinte de l’objectif ».

« Si on arrive à convaincre ces jeunes-là, que parler français, c’est un argument pour trouver un emploi, nous aurons peut-être une piste intéressante à creuser ».

Et c’est ce que font actuellement les équipes du CNED en envisageant la création de CAP ou BTS en pays francophones, en lien avec les entreprises locales.

Le premier projet pilote sera lancé au Liban, par la mise en place d’un BTS hôtellerie-restauration, aux côtés de différents partenaires (institut français, école supérieure des affaires, entreprises locales).

Cette piste de développement n’est envisageable que si le CNED-académie numérique est en mesure d’organiser les examens sur place et de délivrer les diplômes.

Poursuivre et accompagner la transformation de cet établissement public

« Nous sommes en train de réaliser une transformation profonde de nos systèmes d’information, alors que le dispositif était ancré au CNED depuis 30 ans ». Cela passe notamment, par la modification complète du système informatique.
C’est donc un énorme chantier, qu’il faut mener « tout en démontrant aux personnels qu’il va y avoir une vraie plus-value », souligne Michel Reverchon-Billot.

L’évolution des métiers n’est pas laissée de côté ; la Direction des Ressources Humaines a d’ailleurs été restructurée pour mieux accompagner les personnels en interne sur les évolutions de métiers.

« Un certain nombre de métiers sont amenés à évoluer à la fois en raison de la dématérialisation de procédures facilitées par le changement de système d’information mais aussi par la transformation des formations en parcours de e-learning. C’est donc un travail long qui s’engage ; cela nécessite un fort accompagnement des personnels ».

« Nous avons beaucoup travaillé en amont avec des groupes de travail sur l’élaboration de ce COP ; le résultat n’est donc pas une surprise ».

« Aujourd’hui, nous avons un portefeuille de formations trop important ; donc je dis : faisons moins, mais mieux ».

Ce sera la conclusion de Michel Reverchon-Billot que nous remercions pour nous avoir accordé cette interview suite à la signature du Contrat d’Objectifs et de Performance.

 

Plus d’infos sur le COP : www.cned.fr/le-cned/institution/contrat-objectifs-performance-2019-2022

 

Crédit photos : Philippe Devernay/MENJ

 

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