INTERVIEW 🎙️À la Direction du numérique pour l’éducation, l’innovation passe par le terrain. À la tête de l’incubateur ministériel, Sébastien Morel pilote une équipe qui accompagne les agents publics pour concevoir, tester et déployer des services numériques à impact qui répondent aux besoins concrets des élèves, des professeurs, des familles et du personnel administratif.
Une logique de production rapide et concrète
En à peine un an, l’incubateur a déjà livré une dizaine de produits numériques. Une dynamique assumée, fondée sur une approche agile et centrée sur les besoins réels du terrain.
« Notre mission, c’est de développer des produits numériques en lien avec les utilisateurs », explique Sébastien Morel.
Parmi les réalisations emblématiques, la plateforme « Un élève, un stage » s’impose comme un projet phare. Destiné aux élèves de troisième et de seconde, cet outil vise à simplifier la recherche de stages d’observation tout en fluidifiant les échanges entre établissements et entreprises.
« C’est un produit numérique qui permet aux élèves de trouver plus facilement leur stage d’observation, tout en simplifiant les démarches administratives », précise-t-il.
Dématérialisation des conventions, tableaux de bord simplifiés, meilleure communication entre les acteurs : la solution répond à des besoins identifiés de longue date dans les établissements. Désormais sorti de l’incubateur, le projet est repris par l’académie de Clermont-Ferrand, en lien avec la sous-direction des services numériques.
De nouveaux chantiers autour de l’IA et du NoCode
Fort de ce premier succès, l’incubateur poursuit ses travaux sur plusieurs axes stratégiques. Plateformes web, outils NoCode, intelligence artificielle : les projets en cours témoignent d’une volonté d’explorer des solutions innovantes, adaptées aux contraintes du système éducatif.
« On est en pleine production et on sera ravis d’en dire davantage lorsque ces produits seront finalisés », annonce Sébastien Morel.
L’année 2026 s’annonce ainsi comme une étape clé, avec la livraison de plusieurs nouveaux services numériques.
Une priorité : aller sur le terrain
Mais au-delà de la production d’outils, l’incubateur entend renforcer son lien avec les utilisateurs. Une ambition claire se dessine : sortir des bureaux pour aller à la rencontre des réalités du terrain.
« On a vraiment à cœur de franchir les portes des écoles pour échanger directement avec les professeurs et les chefs d’établissement », souligne Sébastien Morel.
L’objectif est de mener de véritables enquêtes d’expérience utilisateur (UX), afin d’identifier précisément les besoins et les irritants du quotidien. Une démarche qui s’inscrit dans une logique de co-construction.
« On veut cerner leurs problèmes et voir à quel moment un produit numérique peut y répondre », ajoute-t-il.
Co-construire les outils de demain
Cette approche marque une évolution dans la conception des outils numériques éducatifs. Loin d’une logique descendante, l’incubateur revendique une méthode collaborative.
« Notre objectif, c’est de co-construire des produits numériques avec les enseignants, les chefs d’établissement et l’ensemble des acteurs », insiste Sébastien Morel.
En plaçant les utilisateurs au cœur du processus, l’incubateur espère développer des solutions plus pertinentes, mieux adaptées et réellement utilisées.
À l’heure où le numérique transforme en profondeur les pratiques éducatives, cette stratégie pourrait bien redéfinir la manière dont les outils sont pensés au sein de l’institution scolaire.
Retrouvez tous les sujets réalisés en partenariat avec la DNE et Ludomag.





