REPORTAGE & INTERVIEWS 🎙️ Les Journées nationales de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) ont rassemblé 900 participants à Strasbourg. Conférences, ateliers, échanges de pratiques et rencontres entre enseignants de la maternelle à l’université ont rythmé ce rendez-vous annuel.
Pour Anne-France Acciari, présidente de la Régionale d’Alsace, et Jessica Brienne, présidente nationale de l’APMEP, ces journées illustrent le dynamisme d’une communauté enseignante qui souhaite partager ses expériences et renouveler les approches pédagogiques des mathématiques.
Deux années de préparation pour accueillir les enseignants à Strasbourg
Après Toulon l’an dernier, c’est Strasbourg qui accueillait cette année les Journées nationales de l’APMEP, un rendez-vous itinérant organisé chaque année dans une ville différente.
Pour la Régionale d’Alsace, chargée de l’organisation, l’événement représentait un véritable défi collectif. « On a mis deux ans pour préparer ces Journées nationales », explique Anne-France Acciari, présidente de la Régionale d’Alsace de l’APMEP.
Un comité d’organisation de onze enseignants, issus de différents niveaux, de la maternelle à l’enseignement supérieur, s’est mobilisé pour construire le programme. Autour de ce noyau dur, de nombreux collègues sont venus apporter leur aide ponctuellement.
L’objectif était de proposer des contenus variés, mais aussi de mettre en valeur les ressources pédagogiques et scientifiques du territoire alsacien. « Pour nous, ces journées sont l’occasion de montrer le potentiel et le dynamisme de l’académie », souligne Anne-France Acciari.
Des mathématiques qui se découvrent aussi dans le patrimoine et le quotidien
La cathédrale de Strasbourg et ses horloges astronomiques ont notamment constitué des points d’entrée pour explorer les liens entre mathématiques, histoire et patrimoine. D’autres propositions ont permis d’aborder les mathématiques à travers la machine Enigma, les bulles de savon ou encore les émotions. Autant de manières de rappeler que les mathématiques ne se limitent pas aux calculs et aux programmes scolaires.
Les maths, c’est porteur de sens, j’ai envie de dire aussi d’humanité. Souvent, on laisse de côté cette partie-là des mathématiques »
Anne-France Acciari. Enseignante, APMEP Alsace
L’événement a également fait une place importante aux questions d’inclusion et aux pratiques pédagogiques permettant de mieux prendre en compte la diversité des élèves. Pour les organisateurs, cette diversité des sujets reflète la richesse de la discipline et les multiples façons de la faire découvrir aux élèves.
Des enseignants de la maternelle à l’université pour partager leurs pratiques
L’une des particularités de l’APMEP est de réunir des enseignants de mathématiques de tous les niveaux, depuis l’école maternelle jusqu’à l’enseignement supérieur.
Une diversité que Jessica Brienne, présidente nationale de l’association, considère comme l’une de ses principales forces.« Cette association a la particularité d’avoir un collectif très divers et varié », rappelle-t-elle.
Au-delà des conférences, les ateliers constituent des temps privilégiés pour découvrir des démarches pédagogiques, confronter les expériences et repartir avec de nouvelles idées à expérimenter en classe. Parmi les thématiques abordées figure notamment la conception universelle des apprentissages, une approche qui vise à anticiper la diversité des besoins des élèves dans la conception même des situations d’enseignement.
« On parle beaucoup de la conception universelle des apprentissages et de toutes ces choses-là qu’on peut appliquer aussi aux mathématiques », précise Jessica Brienne.
Les Journées nationales offrent ainsi l’occasion de croiser les regards entre enseignants débutants et expérimentés.
Anne-France Acciari insiste d’ailleurs sur l’engagement de jeunes professeurs alsaciens, parfois en poste depuis seulement un ou deux ans, mais déjà désireux de partager leurs travaux de recherche ou leurs premières expériences pédagogiques. Ils côtoient des formateurs reconnus et des enseignants plus expérimentés, dans une même volonté de mutualiser les pratiques.
Un rendez-vous qui fait vivre le réseau associatif
Au-delà de la formation et de la découverte de nouvelles ressources, les Journées nationales jouent également un rôle essentiel dans la vie de l’APMEP. Les enseignants peuvent se retrouver au sein de leurs régionales, développer de nouveaux contacts et renforcer les réseaux professionnels qui leur permettront de poursuivre les échanges après l’événement.
« Quand on repart dans sa région, on tisse des connaissances et un petit réseau qui permet aussi de faire vivre l’association », explique Jessica Brienne.
Ces journées permettent également aux différentes commissions de l’APMEP de se réunir : premier degré, collège, lycée, lycée professionnel, enseignement supérieur ou encore formation des enseignants. Des espaces de travail qui contribuent à faire remonter les préoccupations et les expériences du terrain, tout en nourrissant les réflexions de l’association sur l’enseignement des mathématiques.
900 participants : un succès pour cette édition alsacienne
Avec 900 participants réunis à Strasbourg, le bilan de cette édition apparaît très positif pour l’association.
« Ces Journées nationales ont eu un grand succès puisqu’on est 900 personnes à être venues jusqu’à Strasbourg », se réjouit Jessica Brienne.
Pour la présidente nationale, cette mobilisation témoigne avant tout de l’envie des enseignants de se rencontrer, d’échanger et de continuer à faire évoluer leurs pratiques. « C’est une richesse, c’est un partage et ça fait toujours plaisir de voir des enseignants motivés et qui partagent leur passion des maths », conclut-elle.
Du côté de la Régionale d’Alsace, ces journées auront également permis de mettre en lumière le dynamisme des enseignants du territoire et leur capacité à construire collectivement un événement d’envergure nationale.
À Strasbourg, les Journées nationales de l’APMEP auront ainsi rappelé que l’enseignement des mathématiques est aussi une aventure collective, faite de curiosité, de rencontres et de transmission. Et que derrière les chiffres et les équations, il y a avant tout des enseignants passionnés, désireux de faire aimer leur discipline.



