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Rencontre avec Mme la Ministre de l’éducation en Polynésie française

L’éducation en Polynésie française est bien adaptée aux réalités du milieu . Ninon Louise Lepage vous propose une entrevue avec madame Christelle Tatiana Lehartel, ministre de l’éducation en Polynésie française.

À l’occasion de la conférence prononcée lors de l’ouverture de Ludovia#PF, j’ai eu la chance de m’entretenir avec madame Christelle Tatiana Lehartel, ici photographiée en compagnie de monsieur Thierry Delmas, directeur général de l’éducation et des enseignements (DGEE).

La Polynésie française est une collectivité d’outre-mer. C’est un territoire français qui dispose d’un statut et d’institutions particulières. Une loi organique précise leurs compétences et les conditions dans lesquelles lois et règlements applicables à la métropole s’y appliquent. Depuis 1980, la Polynésie française dispose de plus en plus d’autonomie. Le gouvernement local est formé d’un Président et de ministres responsables devant l’assemblée parlementaire.

Madame Lehartel, en tant que ministre de l’éducation de la Polynésie française n’a pas le plein pouvoir ; elle le partage avec la métropole. Elle a la responsabilité des politiques éducatives, de la charte de l’éducation et d’ajouts aux programmes d’enseignement de l’Éducation nationale pour répondre aux spécificités de cet état très particulier.

Par exemple, tous les élèves du premier et du second degré sont informés à la mesure de leur niveau de compréhension des essais nucléaires aériens et sous-terrains effectués à Moruroa et Fangataufa commencés dans les années ‘60 et qui ont définitivement pris fin le 27 janvier 1996. L’objectif de ces ajouts au curriculum de l’Éducation nationale française n’est pas d’être pro ou anti nucléaire. Cependant le gouvernement local a jugé essentiel d’informer les élèves de ce sujet qui les touche de près.

Les langues régionales

On parle de langues polynésiennes qui sont encore très présentes dans les îles où on les parle. Outre le tahitien, plusieurs autres langues traditionnelles sont parlées et étudiées en Polynésie française. On distingue :
le reo tahiti, la langue tahitienne (archipel de la Société),
le reo mareva ou magareva, la langue mangarévienne (Gambier),
le reo nu’uhiva ou reo’enana (’enata) (Marquises),
le reo tuha’a pae (Australes) avec cinq variétés linguistiques,
le reo pa’umotu (parlé dans l’archipel des Tuamotu). On peut y distinguer sept groupes linguistiques

Lecture : le cas du tahitien et des langues polynésiennes en Polynésie française.

Il existe depuis 2018 ce que l’on nomme les classes ouvertes où l’enseignement se fait à 50% en français et 50% dans la langue locale. Ce sont présentement des écoles et des enseignants volontaires. Ces classes seront généralisées et obligatoires à partir de l’année scolaire 20-21. C’est un grand pas en avant. Il n’y a plus place aux débats, à la sensibilisation. C’est maintenant place à l’action et l’équipe de la DGEE responsable de ce programme trouve du support pour son application auprès des doctorants de l’UPF.

Le problème de la déscolarisation

Pour permettre aux élèves de se rendre vers les lieux d’enseignement au sein de cet immense territoire, tous les transports sont gratuits pour tous les élèves de la maternelle à l’université inclusivement. Le transport se fait parfois par la route, mais aussi par bateau et souvent par avion pour les archipels éloignés afin que les étudiants puissent rentrer chez eux le plus rapidement possible.

Il y a aussi des internats car plusieurs îles ne dispensent que l’enseignement primaire. Dans ces internats où certains enfants ne peuvent pas rentrer chez eux les week-end et même pendant les vacances scolaires, parce qu’ils habitent trop loin, on leur offre des activités variées, sportives ou artistiques ou culturelles pour les distraire.

Le dispositif du cycle 3 à l’école

Quitter sa famille pour aller en internat à 10 ans, c’est-à-dire à l’âge d’entrer en sixième est un passage difficile pour les enfants. Pour répondre à ce problème humain, le ministère de l’éducation met graduellement en place ce qu’il nomme « le dispositif du cycle 3 ». Les élèves font leur scolarité de sixième à l’école primaire de leur île d’origine. Les enseignants locaux travaillent avec des enseignants du collège, qui viennent à l’occasion y enseigner, parfois on utilise internet pour communiquer, parfois les cours seront offerts en ligne.

Technologies et créativité humaine au service de la formation des enfants dans un contexte respectueux de leur vie émotive.

« Nouvelle gouvernance » des dispositifs d’enseignement

C’est dans un tel esprit que s’inscrit ce que l’on nomme la « Nouvelle gouvernance » qui préconise une forme de « Team-teaching ». On y encourage les échanges entre les enseignants qu’ils soient de l’élémentaire, du collège et même du lycée. Par ces échanges, le personnel est sensibilisé aux conditions particulières des différents milieux. Cette approche est aussi préconisée pour l’adaptation des personnels qui arrivent de la métropole … car la Polynésie française ce ne sont pas que les coquetiers et les plages de sable blanc, c’est toute une culture à laquelle il faut s’adapter.

Les écoles privées

Compte-rendu de l’importance de l’enseignement privé au Québec, j’étais curieuse.

Il y a des écoles privées en Polynésie française qui sont très peu subventionnées. Ce sont principalement des maisons d’enseignement religieux, quoi qu’il existe aussi quelques établissements laïques. Ces établissements doivent offrir à leurs étudiants le même enseignement que celui dispensé par les écoles publiques.

Ce qui est essentiel est que chaque élève ait sa place dans une école, qu’elle soit privée ou publique, affirme madame Lehartel en fin d’entretien.

Plus d’infos :

Présentation de la ministre

Pour en connaître davantage sur les activités du ministère de l’Éducation de la Polynésie française :

Où vous pourrez lire entre autres : Ouverture de Ludovia de Polynésie

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