RETOURS D'USAGES

Et au Québec … instruire les jeunes en temps de confinement

Plusieurs québécois se perçoivent comme habitant l’équivalent contemporain du mignon village gaulois d’Astérix. Tout comme les braves gaulois qui résistent à l’envahisseur romain, nous, les québécois, savons demeurer francophone au sein d’une mer anglophone.

Le Québec est un gigantesque territoire et les québécois disent parfois, particulièrement au moment de leur fête nationale, qu’il est peuplé de géants.

Bref, nous sommes uniques et nous sommes les meilleurs. Ayant vécu toute ma longue vie au Québec, je me considère choyée d’y être née. J’y suis heureuse. J’aime ma patrie le Québec et j’aime mon pays le Canada.

Ayant établi cet indéniable amour, je me permets de jeter un regard critique sur la façon dont furent instruits nos enfants et adolescents en ce temps de confinement. Je ne suis pas la seule à être étonnée, c’est pourquoi je ne crains pas qu’on me bouscule dans le métro.

L’éducation au Québec, le ministère de l’éducation

Au Canada, l’éducation est de juridiction provinciale. Chaque province et territoire canadiens est responsable de l’éducation de leurs citoyens … et chacun l’organise à sa façon.

Au Québec, a été créé il y a 50 ans, le ministère de l’Éducation pour remplacer le département de l’Instruction publique, pour passer d’un système d’éducation dominé par les religieux vers un système d’éducation laïque. Le système d’éducation du Québec, un demi siècle plus tard, porte encore les séquelles de cette scission.

Dans les années ’70, en révolte au carcan imposé par les communautés religieuses dans leurs établissements d’enseignement, s’est instauré au Québec l’École du bonheur où les enfants tutoyaient leurs enseignants, les appelaient par leur prénom, où la créativité des élèves était plus importante que les savoirs et où le «vécu» de l’enfant avait préséance sur les faits. Et il reste d’heureuses traces de ce mouvement.

Le bien-être des élèves, une priorité pour plusieurs enseignants

Suite à la fermeture des écoles, le 13 mars, sans directives de leurs employeurs, plusieurs enseignants, particulièrement au primaire se sont préoccupés du bien-être de leurs élèves. Certains téléphonaient pour savoir comment les élèves vivaient ce drame, car c’est un drame pour plus d’un enfant de perdre le contact social avec leurs amis, de se retrouver entassés à la maison avec des parents occupés par un télétravail ou inquiets d’une perte de revenus, ou autres traumatismes.

À mes élèves…vous me manquez, je vous aime et je serai là!
David
écrit David Ouellet sur son blog

Le bien-être physique et psychologique de tous, à commencer par celui des élèves et des étudiants, mais sans oublier celui des enseignants et des professeurs, doit toujours avoir priorité.
écrit Normand Baillargeon

Extrait d’une lettre de la directrice d’une école aux parents de ses élèves … ❤️

« Chers parents d’écoliers,

Vous avez probablement tendance à faire un horaire serré pour vos enfants. Vous espérez des heures d’apprentissage, des exercices en ligne, des expériences et des fiches de lecture . Vous allez limiter le temps d’écran jusqu’à ce que tout soit terminé !
Dans les semaines à venir, vous verrez de plus en plus de problèmes de comportement. Que ce soit la peur, la colère ou la protestation parce qu’ils ne peuvent rien faire de «normal» . Ils vont faire plus de crises, de crises de colère et de comportements contraires dans les semaines à venir. Ceci est normal et à prévoir dans ces circonstances.

Ce dont les enfants ont besoin maintenant, c’est de se sentir en sécurité et aimés.

Ne vous inquiétez pas de l’arriéré scolaire. Tous les enfants sont dans le même bateau et ils vont tous gérer.

Quand nous reviendrons en classe, nous allons corriger leur cours et les adapterons à leur niveau. Les enseignants sont des experts en la matière » !

Lettre du président du CP-CSDM, Marc Etienne Deslauriers, aux membres du Comité de parents, au sujet de la correspondance du ministre de l’Éducation du jeudi 9 avril dernier.

Au sujet des conditions inhabituelles de travail des parents
Forcément, l’éducation peut passer loin après toutes ces considérations.
… le ministre de l’Éducation, monsieur Jean-François Roberge, … écrit bien que les activités proposées dans les trousses pédagogiques sont facultatives et qu’il compte sur nous pour que nos enfants les réalisent, à la maison, «dans la mesure du possible».

Madame Zoé citée par Stéphanie Dionne dans École branchée

Profitez-en pour lire, sortir dehors, faire des activités physiques, participer à des lectures d’auteurs en direct sur Facebook, faire du bricolage, apprendre à coudre ou à cuisiner, conscientiser votre enfant à l’argent en faisant une liste d’épicerie à l’aide de circulaires, jouer à des jeux de société… Profitez de lui, de toutes les petites choses de la vie courante (activités empreintes d’authenticité) et, SURTOUT, laissez-lui des moments pour s’ennuyer!

Écoles privées et écoles publiques

Comme plusieurs autres états, il y a au Québec des écoles privées fréquentées par près de 10% des jeunes québécois scolarisés, soit plus de 120 000 élèves. Plusieurs de ces écoles sont un reliquat privatisé et laïcisé des anciens établissements d’enseignement religieux. Le ministère de l’éducation du Québec octroie pour chaque élève qui fréquente ces établissements un montant équivalent à 60% du coût de scolarisation des élèves qui fréquentent les écoles publiques.

L’école privée subventionnée est un dossier chaud au Québec. Plusieurs désirent que cesse cette aide financière. Comme les écoles privées sélectionnent souvent leurs élèves sur leurs capacités intellectuelles et leurs résultats scolaires ainsi que sur la possibilité des parents à payer les frais de scolarité, cette ségrégation entraîne, disent certains, des coûts sociaux en retirant les meilleurs élèves du système public qui s’en retrouve affaibli. Sans subvention gouvernementale, seuls les citoyens les plus riches pourraient placer leurs enfants dans ces écoles. Ce qui créé aussi problème … et est sujet à discussion.

Au début du confinement, les écoles privées furent assez discrètes sur la présence et les activités pédagogiques de leurs enseignants auprès des élèves. Dans le milieu du privé, plusieurs familles auront à leur disponibilité une philippine ou une étudiante universitaire qui aura pour tâche d’assurer le suivi pédagogique. Les moins nantis pour qui l’éducation de leurs enfants est une priorité et qui n’hésitent pas à se priver pour assurer à leur progéniture les meilleures chances d’avancement social, ce qui est entre autres le cas de familles issues de l’émigration, la scolarisation de leurs enfants est un essentiel. En catimini, les écoles privées québécoises ont, dès la deuxième semaine du confinement, assuré un suivi pédagogique auprès des enfants de leur clientèle. Les enseignants des écoles privées qui n’étaient pas très habiles dans l’utilisation des technologies numériques ont pu bénéficier du support des conseillers pédagogiques du Récit (notre Canopé du Québec) de la FEEP, la Fédération des établissements d’enseignement privés https://www.feep.qc.ca/nos-services/recit/ dont les employés sont exclusivement dédiés à la formation du personnel des écoles privées.

Les élèves des écoles privées ont généralement bénéficié d’un support pédagogique régulier. Ce qui a mené quelques publications. Éducation : un fossé entre le public et le privé pouvait-on lire dans LaPresse, un quotidien montréalais. Un billet qui en a blessé plus d’un.

Marie-Andrée Chouinard écrit dans Le Devoir

Déjà creusé par les inégalités, le réseau des écoles se trouve soudainement grevé par une quantité de tranchées. Même au sein du privé, des clivages se font jour : à côté d’écoles ultra organisées prêtes à envoyer un plan de contingence dans les premiers jours de la crise, d’autres répondent absentes et peinent à expédier la moindre directive.
Deux poids, deux mesures pour le privé et le public dans le Journal de Québec
Pour nous, c’est business as usual », lance Dominic Guévin, directeur du collège Saint-Bernard à Drummondville.  
Dans cet établissement privé, où tous les élèves du secondaire travaillent sur un ordinateur portable, la formule a déjà été testée lors de fermeture en cas de tempête : les jeunes se branchent sur une plate-forme en ligne où ils peuvent visionner des capsules vidéo pédagogiques, réaliser des exercices et interagir avec leurs enseignants.    
Au collège Sainte-Anne à Lachine, le modèle est si bien rodé que des cours du secondaire peuvent même se donner en visioconférence.  

Sylvain Dancause
il commence à être lassant ce discours idéalisant la pseudo-pédagogie à distance simplement dans le but de se donner bonne conscience. Simplement pour être fier de pouvoir se bomber le torse et affirmer la tête haute que « nous autres, on s’occupe de nos élèves ».

On lit sur Facebook …
la pression indue venue des écoles privées, maintenant reprise par le ministre, qui ont continué d’offrir des services pour des raisons strictement marchandes, par peur des demandes de remboursements qui auraient mis leurs finances en péril -nationalisons les écoles privées – plutôt que de les laisser nous faire la morale

Les parents qui paient pour envoyer leurs enfants à l’école privée ont peut-être une vision de l’importance de la scolarisation différente des parents dont les enfants fréquentent le secteur public ? La plupart des parents dont les enfants fréquentent les écoles privées paient pour assurer à leurs enfants l’entrée dans les meilleurs programmes universitaires, ceux qui leur permettront de briller, tout au moins financièrement, en société.

L’école est-elle un mal nécessaire comme le perçoivent certains élèves? L’école est-elle une façon de faire entrer le citoyen dans le moule civique? La scolarisation est-elle synonyme d’instruction qui permettra à l’enfant d’apprendre un métier qui lui permettra de gagner sa vie ? Quel est le rôle de la scolarisation ?

Marc Cassivi, dans laPresse
Pendant cette crise, la différence entre l’école publique et privée n’est pas que financière et technologique. Elle est aussi stratégique et philosophique. On peut en comprendre certains aspects. Tous les parents n’ont pas les moyens de mettre des ordinateurs ou des tablettes à la disposition de leurs enfants à la maison. Tous n’ont pas non plus le loisir de consacrer beaucoup de temps à l’aide aux devoirs.

Initiatives et conseils individuels, quelques exemples

Peu de temps après la fermeture des écoles, il y a eu quantité d’initiatives de la part d’enseignants ou groupes intéressés par l’éducation pour encourager les parents à organiser la vie de leurs enfants et assurer une certaine discipline, un certain horaire, proposer des façons de faire et du contenu pédagogique. Voici quelques exemples, ce ne sont que des échantillons, de la générosité des québécois.

Gisella San Miguel a mis en ligne ce qu’elle a préparé pour les membres de sa famille.

Ma classe en ligne, accompagnement professionnel personnalisé par Pierre Poulin.

Pierre Gagnon écrit sur Facebook :

Heeeeee! 16 élèves sur …. 16 ce matin et on s’est tapé une dictée hahahaha! Wow! Après plusieurs tentatives, je pense que l’important, c’est surtout le lien avec les parents. Au moins 2 fois par semaines j’écris un message aux parents. Pas besoin d’être long mais je veux leur donner une idée de ce que je fais. Je leur dis aussi que le lien pour la vidéoconférence est dans TEAMS et que je m’attends à une participation monstre! 🙂 Ciboulette! Ça marche! Un de mes élève m’a même fait une présentation orale avec partage d’écran (oui monsieur). Sujet: ses perroquets! 🙂 C’était génial!

Usage pédagogique de Seesaw (voir le site Facebook)

Depuis 3-4 semaines, je vois de très belles choses qui se passent ici; des partages, du soutien, de la création, de l’entraide et surtout plein d’enseignants qui se lancent sur cette magnifique plateforme qu’est Seesaw.
…. j’ai créé des unités de classement (ou modules d’apprentissage sur certains navigateurs). J’ai classé les activités en cycle pour faciliter votre recherche. J’y ai aussi mis les tutoriels et d’Autres ressources que j’ajouterai au fur et à mesure.

Daphnée-Dion Viens, Journal de Québec
La crise actuelle pourrait servir d’électrochoc au système d’éducation québécois et accélérer son virage numérique, selon plusieurs observateurs.  
L’enseignant Pierre Poulin, de l’école primaire Wilfrid-Bastien à Montréal, organise avec ses élèves de cinquième année des rencontres virtuelles chaque semaine depuis la fermeture des écoles, à la mi-mars.

Pierre Poulin, enseignant de cinquième année à l’école primaire Wilfrid-Bastien à Montréal, fait de l’enseignement en ligne avec ses élèves depuis la fermeture des écoles, à la mi-mars. On le voit ici en train de faire les gestes accompagnant une chanson interprétée par ses élèves.

« Je pense que les enseignants vont découvrir tout le potentiel du numérique grâce à cette crise», affirme Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation. 
Excellents Conseils pour les parents afin de favoriser le maintien des apprentissages de leur enfant de la part de la Chaire Unesco de Développement Curriculaire de l’UQAM

Marilyz Racine propose : Une routine pour la période de confinement

J’apprends de la maison par le Récit (notre Canopé québécois). Un site très bien fait pour Programmer et créer en mathématique, en science et technologie.
Le présent site a été mis en ligne par le RÉCIT MST afin d’aider les élèves du primaire, du secondaire et de la formation générales aux adultes (FGA) à s’approprier les bases de certains outils de programmation et de création en mathématique, science et technologie.

L’école en réseau offre toute une série d’activités en réseau.

Serge Gagnier a créé Classe de science pour l’apprentissage des sciences au primaire.

Sans oublier Succès scolaire et La classe de Marie-Ève sur Youtube.

D’autres poussent la réflexion

Je suis enseignante et je dis non à l’école à la maison obligatoire, témoigne Marissa Thibault sur Huffpost

… certaines directions d’école et certains parents mettent de la pression sur les enseignants pour qu’il y ait une continuité scolaire et un suivi auprès des élèves.
… Sans parler des impondérables technologiques, j’ai des élèves vulnérables socialement, économiquement et pédagogiquement pour qui ce serait plus difficile et dommageable qu’utile de faire des travaux scolaires.
… Certains de mes élèves sont entassés à cinq ou six dans un appartement, certains ont des frères et sœurs avec des handicaps, certains ont des parents ne parlant pas français, certains se sentiront obligés de faire le travail, car quand quelque chose vient de l’école, c’est donc obligatoire, certains doivent s’occuper des grands-parents à la maison, certains ont tellement de retards scolaires que je n’arrive même pas à les aider en classe à cause du manque de ressources, certains n’ont aucune autonomie en classe, certains ont des parents au chômage ou au front dans les épiceries, à faire de la livraison, certains sont dans une famille monoparentale. C’est ça, la réalité de ma classe.
… Considérant que je ne suis pas psychologue, il n’est pas question que j’aille rassurer mes élèves par téléphone, ne sachant pas si cela va les aider ou leur nuire.
… je pense à mes collègues qui n’ont pas de conditions idéales … Certains ont des enfants en bas âge, certains sont monoparentaux, certains ont un conjoint au chômage, certains ont des enfants avec de grandes difficultés d’apprentissage, certains ont un conjoint qui doit faire du télétravail, certains étaient au bord de l’épuisement avant le confinement, certains doivent s’occuper de leurs parents, certains sont des spécialistes ou des profs du secondaire qui ont plus de 300 élèves, etc. Ça aussi, c’est la réalité de certains d’entre nous.

La plateforme «École ouverte» du ministère de l’éducation du Québec (MEES)

Hoorah ! L’école est ouverte s’est écriée une adolescente !
Je peux revoir mes amis, revivre enfin !

Mais non ! Il s’agit de la plate-forme École ouverte du ministère de l’éducation du Québec mise en ligne le 6 avril.
Jean-François Roberge Ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur écrit : J’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue sur ecoleouverte.ca, une école ouverte sur votre monde, sur votre milieu scolaire, sur votre communauté et sur un univers de possibilités !
Vous y trouverez des milliers de ressources pour apprendre, créer, se divertir et bouger, un peu comme à l’école.
Les différentes activités offertes sont prévues pour que tous puissent les réaliser par eux-mêmes ou avec le soutien de leurs proches.
Chacun pourra faire son propre parcours selon son niveau scolaire et ses connaissances.

Cette plateforme a été conçue par Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation de l’université de Montréal. La plateforme consiste en une série de liens vers des sites éducatifs très inégaux quant à leurs contenus et leur format dont certains malheureusement ne sont pas disponibles !

On offre y aux élèves et à leurs parents, de chaque niveau scolaire et pour divers domaines disciplinaires, tels le français, les mathématiques, l’histoire et la géographie ou autres, quelques ou plusieurs liens où ils pourront explorer ce sujet d’étude. Certains sites, sont excellents et offrent directement des activités à faire par les élèves, d’autres présentent des choix à n’en plus finir.

École ouverte est amusant pour qui cherche à s’informer sur la richesse des contenus éducatifs pour les élèves du primaire et du secondaire disponibles sur le web. École ouverte est une sorte de catalogue.

Karsenti offre depuis plusieurs années aux enseignants des listes. Par exemple : 12 vidéos 360º pour faire voyager les élèves du primaire à travers le monde, 12 Applications de réalité virtuelle pour travailler les grandes périodes de l’histoire avec ses élèves, 12 raisons d’apprendre à coder à l’école, 25 impacts des technologies sur le processus d’écriture et le goût d’écrire, en sont quelques exemples.

Cette fois, c’est avec enthousiasme qu’il assure en interview à Radio Canada que le site enregistrait 55 millions de requêtes à 17 h avant même sa mise-en-ligne.
On a des visiteurs de partout dans la francophonie, aux États-Unis. Le site est bilingue aussi, il faut dire. Alors, on a des visiteurs de partout dans le monde qui vont sur le site. C’est assez exceptionnel.
C’est une première étape. En une semaine, on a fait ce qu’on a pu. Je vous garantis que chaque jour il y a peut-être 300 ou 400 ressources qui vont s’ajouter. Ce qui était un défi, c’est qu’on voulait avoir des ressources pour chacune des matières, pour chacun des niveaux.
On a misé sur les ressources qui permettent aux enfants de retrouver un semblant d’horaire. … On propose justement dans cette plateforme ce qu’on appelle des menus éducatifs, ou non seulement il y a des périodes d’apprentissage ou d’activités scolaires

Moi, j’aime bien Thierry Karsenti qui court le monde à propager la bonne nouvelle de l’importance de l’utilisation du numérique en éducation. Malheureusement, cette fois, il a raté le bateau. École ouverte est un fouillis, un fatras. École ouverte, ce sont pêle-mêle des hyperliens sans cohérence qui souvent mènent vers d’autres hyperliens créant ainsi un dédale dont même Ariane ne saurait se sortir.

L’École ouverte, vraiment ! Le Quotidien
Ce texte a été rédigé par Stéphane Allaire, Nicole Monney et Patrick Giroux, professeurs à l’Université du Québec à Chicoutimi, Julie Myre-Bisaillon, professeure à l’Université de Sherbrooke, ainsi que Thérèse Laferrière et Sylvie Barma, professeures à l’Université Laval.
Il s’agit d’un répertoire d’hyperliens qui amènent sur d’autres sites qu’on doit fouiller pour identifier des activités éducatives et ludiques. L’inventaire a le potentiel de garder les jeunes occupés, tout en rassurant les parents sur la nature des ressources consultées.
Mais est-ce bien le cas? Quels jeunes visitent cette plate-forme compte-tenu de toutes les autres ressources numériques à leur disposition, dont les fameux jeux vidéos avec lesquels on socialise avec des amis en ligne!
Faire l’école, c’est bien plus que brancher une personne à un outil, qu’il s’agisse d’un texte, d’une vidéo ou d’un cahier d’exercices

Nancy Granger, LeDevoir
Est-il possible de croire que les élèves non motivés avant la crise s’autorégulent pendant celle-ci en butinant d’un site web à l’autre, à la recherche d’exercices d’apprentissage pour se maintenir à flot ? Plus encore, se peut-il que les parents débordés par la gestion du quotidien et pas toujours au fait des programmes scolaires stimulent leurs enfants à réaliser des tâches scolaires à la maison ?
… Bien qu’il s’adresse aux enfants, ce site web demande à être exploré par les parents avertis afin d’en comprendre la teneur et de soutenir les choix à effectuer.
La question de l’accessibilité à l’information se révèle une considération cruciale. Alors, qu’en est-il des parents qui font partie des 60 % d’adultes disposant d’un faible degré de littératie ?

Journal de Montréal, Geneviève Peterson
«On ne demandera pas aux parents de faire l’école à la maison.» Dit le ministre J-F Roberge. Je ne sais pas pour vous, mais moi, si je me fie au document de 16 pages (!) dont j’ai besoin pour aider un seul de mes trois enfants à maintenir ses acquis, j’ai l’impression que c’est exactement ce qu’on me demande.    
… Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je regarde ça, j’ai un peu le tournis. J’ai trois enfants qui évoluent à trois niveaux scolaires différents, je travaille à temps plein et je suis soloparentale. En ce moment, je dois cuisiner, divertir, consoler, laver, relaver et essuyer, en plus d’exercer mes fonctions professionnelles.    
Je vois donc comme une montagne infranchissable la liste des choses que je suis censée faire avec mes enfants pour qu’ils maintiennent leurs acquis. Impossible pour moi de leur enseigner l’anglais, les mathématiques, le français, l’histoire et la géo en plus de faire des activités sportives. Je ne suis pas prof. Prof, c’est un métier.

Avez-vous pensé que ce n’est pas tout le monde qui a les ressources nécessaires pour se transformer en professeur Tournesol? J’ai une pensée pour ces familles-là. Celles qui n’ont pas les capacités d’enseigner tout ça, celles qui n’ont pas d’imprimante, celles, nombreuses, qui n’ont tout simplement pas le temps, parce que les parents doivent travailler 40 heures en même temps.

Les trousses pédagogiques du ministère de l’éducation (MEES)

Violaine Cousineau, une enseignante résume sur Facebook, mon point de vue quant à ces trousses :
Après une première semaine d’utilisation des «trousses pédagogiques» du MEES et après avoir pu jeter un coup d’oeil à celles qui nous seront envoyées la semaine prochaine, je formule un souhait: que nous retenions de nos expériences actuelles à quel point il peut être riche d’apprendre autrement qu’à travers des manuels scolaires.

Ces trousses font appel à l’imagination des jeunes. Elles les invitent à réfléchir, à lire, à écrire et à avoir recours aux écrans de façon constructive. Comme l’impression qu’on fréquente tous, actuellement, l’école alternative! Peut- être pas une si mauvaise chose, finalement, qu’on n’ait pas pu récupérer notre matériel scolaire: ça nous oblige à faire les choses autrement!

Ceci dit, oui: il faut des parents disponibles et scolarisés, une imprimante et une connexion Internet pour pouvoir profiter de tous les bienfaits de ces trousses. L’écart se creuse assurément entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas…

Élizabeth
Élisabeth étudie en secondaire trois. Ses enseignants lui ont fait parvenir des consignes pour travailler à partir des trousses du ministère. Elle aime bien faire ces travaux qui changent de l’ennuie quotidien en période de confinement. En anglais, il lui fallait faire un inventaire des 11 emplois les plus étranges, compléter des recherches et écrire un texte.
Un second travail consiste à planifier la décoration de la chambre de ses rêves en calculant la quantité de peinture et de papier peint nécessaire. Prévoir le coût total des travaux de décoration et finalement comparer la grandeur de deux chambres de la maison à partir de leur volume. C’est le travail qu’elle a préféré et elle en fera le compte-rendu à ses parents au souper.

Rebecca
Rebecca est en secondaire cinq. Ses enseignants n’utilisent pas les activités proposées par les trousses du MEES. Ils lui font parvenir par courriel les travaux déjà prévus. Pour le cours Monde contemporain, elle apprend à faire une recherche. Le sujet est la communauté musulmane des Ouïghours. Le travail est à réaliser par étapes. Le premier travail consiste à se créer une question de recherche, choisir trois sujets et expliquer pourquoi elle a choisi ces angles d’étude. Une autre étape sera d‘apprendre à faire une webographie à plusieurs catégories, journaux, sites gouvernementaux, vidéos, etc.
Elle est satisfaite des travaux exigés par ses enseignants. Ils lui laissent le temps de perdre son temps …

TéléQuébec en classe
TéléQuébec est une chaîne de télévision québécoise publique à vocations éducative et culturelle qui appartient au gouvernement du Québec.

Friandises pour la matière grise est le titre donné à la liste des émissions spéciales de TéléQuébec en classe. C’est charmant, à la manière particulière de TéléQuébec, et surtout accessible à tous … car qui n’a pas de télévision.

On peut aussi écouter les capsules sur son ordinateur.
En voici quelques échantillons

Voici Timmy
Une série de capsule en éducation aux médias
Les mots en «eur»
Les styles de danse
Une présentation orale
Le rap de la surconsommation
Les chaînes d’opération en mathématiques

J’ai décidé de retourner à la petite école. Les quelques vidéos visionnées ont su me séduire.

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