RETOURS D'USAGES

Faire entrer sa classe de sciences dans la fiction (et vice versa)

A l’occasion de l’université d’été de Ludovia, 17ème édition, de nombreux enseignants et autres membres de la communauté éducative vont venir présenter leur expérience avec le numérique sur le thème de l’année, « Injonctions numériques : entre techno-enthousiasme et pratiques collectives ». Ludomag se propose de vous donner un avant-goût de ces ateliers jusqu’au début de l’évènement, lundi 24 août.

 

Mélanie Fenaert présentera « Faire entrer sa classe de sciences dans la fiction (et vice versa) » sur la session II « TERRITOIRES, ESPACES ET TEMPS D’APPRENTISSAGE ».

 

Problématique pédagogique :

Les sciences expérimentales, notamment celles de la vie et de la Terre – ma discipline – proposent un enseignement reposant sur des contenus à la fois théoriques et pratiques. La tâche complexe est au coeur de nos pratiques, ce qui nous poussent à contextualiser nos séances et séquences. Il est cependant parfois difficile pour un élève de s’identifier au problème posé, ou mieux encore, que la problématique vienne de lui ou elle, de même que les hypothèses ou protocoles. Cette difficulté est encore exacerbée avec la distance, comme j’ai pu le vivre durant la période de confinement. Comment proposer des séances en présence ou à distance à la forme stimulante et ludique, permettant aux élèves de s’identifier et s’impliquer dans la démarche scientifique ? Comment combiner éléments réels et interfaces en ligne, où les élèves pourront travailler ensemble sur des contenus et développer des compétences techniques et sociales ? Comment créer ces univers fictifs sans pour autant que ce ne soit ressenti comme une situation trop artificielle ?

Apport du numérique :

Des interfaces numériques recréant un univers fictif peuvent être aisément construites de toutes pièces – notamment avec l’outil Genially, mais il en existe d’autres. Elles permettent une interactivité importante entre l’élève et les contenus, peuvent agréger de nombreuses ressources numériques et sont aisément accessibles via internet. Intégrer ces interfaces dans une plate-forme Moodle (Elea) permet de proposer des séquences pédagogiques complètes à distance, sans perdre le lien avec la fiction créée. Dans le cadre de la classe à distance, les outils de classe virtuelle (CNED ou autre) permettent de conserver le lien entre enseignants et élèves, mais aussi entre des élèves en classe et distants.

Relation avec le thème de l’édition :

La période de confinement a fortement encouragé nombre d’enseignants à utiliser des interfaces en ligne pour présenter leurs cours et contenus, libérant par là même la créativité de beaucoup. En sciences, créer un univers virtuel allant de la salle de travaux pratiques classique aux couloirs d’un hôpital, en passant par une base martienne, permet de proposer des tâches complexes scénarisées voire des espaces de simulation palliant à la distance. Ces fictions sont aussi exploitables en présentiel, en réservant sa place au réel : on peut alors combiner activités pratiques, démarche scientifique, et travail de groupe.

Synthèse et apport du retour d’usage en classe :

J’utilise la fiction en classe depuis 2016, année de naissance du projet Survive on Mars, avec entre autres Gregory Michnik et Virginie Marquet. Nous avons développé de nombreuses missions, créant ainsi une simulation globale complète en SVT et dans d’autres disciplines. L’interface numérique Genially a permis de créer l’univers qui prend sa source dans le film Seul sur Mars. De manière plus ponctuelle, j’aime créer ou utiliser des scénarios immersifs, comme des enquêtes ou des escape games. Toutes ces séances sont fortement ancrées dans le réel, avec manipulations, logiciels, matériel ludique (cadenas, messages secrets…). Lors de la période de confinement, il n’était pas possible de mêler activités pratiques et fiction, en tout cas pour les thèmes que je devais aborder à ce moment là. J’ai développé un second univers, à la manière de la série Dr House, cette fois complètement en ligne : les élèves jouent en solo, l’interface est auto-corrective et intégrée dans une plate-forme Moodle (Elea) qui fournit un feedback, le cours et des exercices d’entraînement. Du point de vue créatif, toute la difficulté consiste à doser finement contenu scientifique, réalisme du scénario et des visuels, niveau de difficulté. En effet, cette pratique a un inconvénient : la solitude que peut ressentir un élève, voire le découragement en cas de blocage. Préserver un équilibre entre défi et aides est une véritable gageure. L’utilisation de la classe virtuelle (CNED) a permis en partie de réduire la distance en recréant le travail d’équipe grâce à la fonctionnalité de groupes. Toute ma problématique de la rentrée prochaine sera de conserver les bénéfices de ces nouvelles fictions et de l’outil Moodle dans le cadre du retour au présentiel, surtout s’il est partiel.

 

Plus d’infos sur : Mélanie Fenaert
Retrouvez tous les articles sur Ludovia#17 et toutes les présentations d’ateliers sur notre page https://www.ludomag.com/tag/ludovia-2020/

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