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3 profs, 3 approches : partageons des bonnes pratiques du distanciel

Alors que la rentrée se profile déjà et que, depuis le 9 juin la France se libère peu à peu, le protocole sanitaire en milieu scolaire demeure, lui, identique ; et enseignants comme parents s’interrogent sur la rentrée à venir. 100% présentiel ? Partiellement distanciel ? Introduction durable du distanciel dans l’enseignement ?

Ces questions sont légitimes, car la pandémie a conduit à une adaptation de circonstance de l’enseignement. Souvent complexe, rarement anticipé (et pour cause !), le distanciel « forcé » a aussi et souvent fait émerger de bonnes pratiques, des astuces, des « trucs » de profs que  nous souhaitions  partager! Zoom sur 3 profs, 3 pratiques.

Responsabilisation et expérimentation

C’est la méthode de Jean-Louis, enseignant de mathématiques et physique-chimie au lycée professionnel Maryse Bastié de Limoges. Il enseigne à des lycéens qui se destinent aux voies de l’électronique, de l’électrotechnique, et des industries graphiques. Il se décrit lui-même comme attaché à la rigueur scientifique et ne cédant pas à une certaine démagogie et, à ce titre, a développé sa propre approche du distanciel.

Sa méthode ? Responsabiliser les élèves et assurer une continuité pédagogique qui ne dépende pas tant d’une connexion internet de qualité que de sujets intéressants à traiter. Une approche dans laquelle lui-même se sent bien et dans laquelle les élèves sont acteurs. La contrainte ? S’astreindre à une forte réactivité et grande disponibilité.

Concrètement, la méthode se structure autour de 4 axes :

  1. Réserver les leçons qui se prêtent bien aux expériences à faire à la maison pour le distanciel,
  2. Utiliser des outils numériques faciles d’accès et variés tels que Google Classroom, le compte Canoprof de l’établissement, ou encore Pronote. Pour les lois, des vidéos YouTube passées par le filtre anti-pubs Pearltrees, ou PHET Colorado,
  3. Modifier les pdfs pour qu’ils soient complétés, soit avec la suite Libre Office soit avec un processeur de texte pour les QCM, afin d’évaluer,
  4. Et évidemment, rester disponible pour répondre aux questions, accompagner etc. !

L’expérience gagnante de Jean-Louis :

Je pense en particulier aux expériences en optique : avec un verre et une paille, on peut découvrir la réfraction de la lumière, ses propriétés de réflexion etc.… avant d’aller vers les lois scientifiques, on s’étonne !

Trop de ressources tuent la ressource : recentrer et remettre le prof au cœur du système

C’est la méthode de Jean-Baptiste Civet, professeur de mathématiques au collège du Roy d’Espagne à Marseille. Passionné par la robotique et les nouvelles technologies, on aurait pu imaginer qu’il sauterait devant sa caméra pour exceller en stand-up enseignant à distance, pourtant ce n’est pas la voie qu’il a choisie. Au contraire même : au cœur de la foultitude de ressources, il s’est attelé à s’y retrouver, pour mieux y retrouver les élèves.

Sa méthode ? Sélectionner les ressources, mais aussi les outils et interfaces. Il utilise sa plateforme académique de e-learning, Chamilo (ENT). Il l’alimente et y encapsule les ressources dans des parcours. Les exercices et leurs corrections, qui peuvent être aussi des ressources vidéo, sont aussi encapsulés, de même que les versions en ligne de feuilles de calcul, de Scratch etc : l’important étant de tout concentrer au même endroit.

Quid de la visio ? Le cours en visio n’est pas un cours descendant : le cours magistral n’est pas adapté à la visio, il y a un problème de rythme. Il sert davantage pour répondre aux questions de quelques élèves qui n’ont pas compris. Je dédie la visio à l’échange et aux questions.

L’expérience gagnante de Jean-Baptiste :

Typiquement, j’aime bien créer des corrections sur des Powerpoint animés et commentés. J’y souligne les points importants pour le raisonnement (par exemple l’étape du nombre entier en fraction !) et l’élève peut faire « pause » quand il veut : ce qui n’est pas le cas en classe !

Imaginer des dynamiques de groupe

C’est la méthode de Jessica Estevez Brienne, enseignante de maths-sciences au lycée professionnel hôtelier de Biarritz. Ses défis quotidiens sont tout à la fois de transmettre le savoir et d’intéresser des élèves dont les futurs métiers ne rendent pas immédiatement évident l’importance d’assister aux cours de maths.

Elle a donc cherché à proposer des situations pédagogiques, dans lesquelles la dynamique de groupe est à la fois la clé du succès du cours et de l’assiduité. Des dynamiques qui lui permettent d’aborder des nouvelles notions et donner envie, par le biais d’exercices, de les mettre en application.

Ainsi, les cours, qui demandent, elle l’avoue bien volontiers, une vraie préparation voire un entraînement, se déroulent de la manière suivante :

  1. Automatismes de la classe : 5 à 10 minutes de mise en place (en classe, elle utilise Kahoot).
  2. Introduction d’une nouvelle notion avant de séparer la classe en groupes de 3 à 5 avec des rôles assignés : celui qui va écrire au tableau, celui qui va parler pour le groupe etc… une méthode qui aidé vraiment à responsabiliser.
  3. Projection de l’activité, – éventuellement soumise au préalable aux élèves avant le cours, pour ceux qui peuvent la lire avant – .
  4. Mise en commun, extraction des éléments à retenir.

Le chat est utilisé pour aider les élèves, ainsi que les exerciseurs qui se trouvent dans Lycée Connecté.

L’expérience gagnante de Jessica :

J’utilise les manuels de chez Nathan que la Région nous a payés. Ils sont intégrés à notre outil Lycée Connecté (onglet Média Livre) et permettent de suivre le travail des élèves et récupérer leurs copies. Lycée Connecté présente aussi l’avantage de conserver les documents chargés. L’affichage est lent mais cet avantage associé au fait de pouvoir faire des groupes facilement compense.

3 profs, 3 approches, et surtout des profils d’élèves et des enjeux différents démontrent qu’il n’y a pas une mais des méthodes et que c’est le tâtonnement et l’expérimentation qui permettent le plus souvent de trouver la bonne manière de faire. Au-delà des questions de formation aux outils numériques, c’est aussi la démonstration de la place centrale de l’enseignant, qui seul connaît les besoins de sa classe et est capable de battre la mesure du rythme de la pédagogie, clé de voûte de l’attention et de la compréhension.

Article diffusé dans le cadre d’un partenariat média.

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