L’intelligence artificielle est souvent présentée comme un outil capable de générer du texte, des images ou des contenus en quelques secondes. Mais au-delà de ces usages désormais largement médiatisés, une question essentielle se pose dans le monde éducatif : comment faire de l’IA un véritable levier d’apprentissage, de créativité et d’inclusion pour tous les élèves ?
C’est cette réflexion qui sera au cœur de l’atelier « L’IA au service de l’innovation : de la consommation à la co-création », proposé par Jonathan Ponsard et Thomas Roy dans le cadre du programme Pratiques Internationales de LUDOVIA#23, l’Université d’été du numérique éducatif qui se déroulera du 24 au 27 août 2026 à Ax-les-Thermes.
À travers le retour d’expérience mené depuis deux ans dans une classe spécialisée, cet atelier montrera comment des élèves aux profils variés se sont emparés des outils d’intelligence artificielle pour devenir non plus de simples utilisateurs, mais de véritables créateurs de projets innovants.
Passer du consommateur au créateur
L’un des enjeux majeurs de l’éducation à l’intelligence artificielle consiste à dépasser une utilisation passive des outils numériques.
Dans le projet présenté, les élèves apprennent à utiliser l’IA pour imaginer, concevoir et développer leurs propres réalisations. Cette démarche s’inscrit dans le niveau le plus avancé du modèle #PPai6 développé par la chercheuse Margarida Romero : celui de la co-création participative de connaissances.
Les apprenants mobilisent ainsi différentes technologies pour répondre à des problématiques concrètes. Certains utilisent NotebookLM pour transformer des recherches complexes en podcasts scénarisés, d’autres exploitent des générateurs d’images afin de représenter visuellement leurs concepts ou encore découvrent les principes du Machine Learning pour concevoir des solutions en lien avec les métiers de demain ou les enjeux du développement durable.
L’IA devient alors un outil de production, de réflexion et d’innovation.
Une intelligence artificielle au service de l’inclusion
L’expérience met également en lumière une dimension parfois moins visible mais essentielle : l’accessibilité.
Pour de nombreux élèves confrontés à des difficultés linguistiques, rédactionnelles ou organisationnelles, l’intelligence artificielle constitue un véritable outil de compensation.
Les technologies mobilisées permettent par exemple de traduire des documents, de vulgariser des contenus scientifiques complexes, de rédiger des courriels formels ou encore d’illustrer visuellement des notions abstraites.
En réduisant les obstacles techniques ou langagiers, l’IA permet aux élèves de concentrer leur énergie sur ce qui compte réellement : la réflexion, la créativité et la conduite de leurs projets.
Cette approche contribue à renforcer leur autonomie et leur confiance en leurs capacités.
Développer une véritable littératie de l’IA
Au-delà des réalisations concrètes, le projet poursuit un objectif fondamental : développer chez les élèves une culture critique de l’intelligence artificielle.
Dans un environnement où les outils se multiplient à grande vitesse, il ne s’agit pas seulement de savoir les utiliser, mais de comprendre leur fonctionnement, leurs forces et leurs limites.
Les élèves apprennent à comparer différents systèmes, à identifier les outils les plus pertinents selon leurs besoins et à repérer les biais potentiels présents dans les réponses produites.
Cette démarche les conduit progressivement à acquérir une véritable littératie de l’IA, aujourd’hui considérée comme une compétence essentielle pour les citoyens du XXIe siècle.
Des résultats visibles sur l’engagement et les apprentissages
Les deux années d’expérimentation menées dans cette classe spécialisée ont permis d’observer des évolutions significatives.
Les enseignants constatent une augmentation notable de l’engagement des élèves, davantage impliqués dans des projets qui font sens et mobilisent des outils proches de leurs usages quotidiens.
Les productions réalisées témoignent également d’une montée en compétences, tant sur le plan technique que sur les compétences transversales : gestion de projet, travail collaboratif, communication, résolution de problèmes ou encore esprit critique.
Les podcasts, illustrations, prototypes de Machine Learning et autres productions présentés lors de l’atelier illustreront concrètement cette évolution.
Une réponse aux enjeux du numérique éducatif
Cette intervention s’inscrit pleinement dans le thème de LUDOVIA#23 : « Intelligences Artificielles & Datas en classe et pour les établissements ».
Elle montre comment les données, les modèles d’IA et les outils numériques peuvent être mobilisés dans une démarche pédagogique ambitieuse, centrée sur l’autonomie des élèves et leur capacité à agir sur le monde qui les entoure.
Loin d’une vision où l’intelligence artificielle remplacerait les compétences humaines, le projet démontre au contraire que ces technologies peuvent devenir des instruments d’émancipation lorsqu’elles sont intégrées dans un cadre pédagogique réfléchi et accompagné.
Former les innovateurs de demain
À travers ce retour d’usage, les participants découvriront comment l’intelligence artificielle peut contribuer à transformer les pratiques pédagogiques et à ouvrir de nouvelles perspectives pour les élèves, y compris ceux qui rencontrent le plus de difficultés.
En passant d’une logique de consommation à une dynamique de co-création, ces jeunes apprennent non seulement à utiliser les outils numériques, mais aussi à imaginer, concevoir et porter des projets ambitieux.
Une démonstration inspirante de ce que peut devenir l’école lorsque l’innovation technologique est mise au service de l’inclusion, de la créativité et du pouvoir d’agir des apprenants.
Jonathan Ponsard et Thomas Roy présenteront cet atelier le mardi 25 août de 16h30 à 17h30 sur l’espace Pratiques Internationales.
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