INTERVIEW 🎙️Autonomie, robustesse, réparabilité, intelligence artificielle embarquée mais aussi gestion des équipements et souveraineté numérique : à l’occasion de la 23e édition de LUDOVIA, ASUS Education et iDruide ont présenté leur vision commune de l’équipement informatique des établissements scolaires. Un partenariat qui s’illustre notamment dans les projets menés avec les collectivités et qui s’étend désormais à Linux.
Le numérique éducatif ne se résume plus au choix d’un ordinateur pour chaque élève. Pour les collectivités et les établissements, les questions de durée de vie des équipements, d’administration des parcs, de sécurité, d’autonomie ou encore de maîtrise des environnements numériques prennent une importance croissante.
Présents ensemble à LUDOVIA, ASUS Education et iDruide entendent justement apporter une réponse associant matériel et logiciel.
« Nous sommes sur LUDOVIA pour représenter la marque ASUS et les solutions ASUS Education, avec différentes catégories de produits et différents écosystèmes, en partenariat avec iDruide », explique Kajanan Shan, d’ASUS.
ASUS et iDruide, du matériel à l’administration des équipements
La complémentarité entre les deux entreprises repose sur une répartition assez claire des rôles. ASUS fournit les équipements tandis qu’iDruide apporte notamment les solutions permettant de les administrer et de les superviser.
Le partenariat intervient notamment dans le cadre des réponses aux appels d’offres des collectivités.
« ASUS intègre la solution iDruide au moment de certaines réponses aux appels d’offres et pour l’équipement des collégiens et des collèges », précise Kajanan Shan.
Il cite notamment le travail mené avec le département de l’Essonne (CD91) autour des besoins en classes mobiles pour l’année 2026-2027.
Cette association doit aussi permettre de s’affranchir d’une logique liée à un seul système d’exploitation. Les équipements ASUS peuvent fonctionner sous différents environnements, tandis qu’iDruide développe ses outils de gestion pour plusieurs OS.
« ASUS est un constructeur qui travaille avec plusieurs écosystèmes : Microsoft, ChromeOS ou Linux. iDruide arrive à manager l’ensemble de ces écosystèmes. De ce fait, nous pouvons répondre à l’ensemble des besoins des collectivités et des établissements scolaires », poursuit Kajanan Shan.
L’autonomie pensée à l’échelle de plusieurs journées de classe
Du côté du matériel, ASUS met notamment l’accent sur une problématique très concrète pour les élèves et les établissements : l’autonomie.
Le constructeur présentait à LUDOVIA différents appareils de 11 à 14 pouces spécifiquement destinés aux usages éducatifs. Parmi eux, le CM1406 associe un processeur ARM à une batterie de 70 Wh.
Selon ASUS, cette configuration peut atteindre entre 22 et 24 heures d’autonomie selon les conditions d’utilisation.
« Cela permet à l’élève d’avoir un usage de deux à trois jours sans recharge et de ne pas avoir cette anxiété de ramener ou d’oublier son chargeur, ou d’avoir oublié de charger le produit la veille », explique Kajanan Shan.
L’autonomie devient ainsi un élément de l’expérience pédagogique : moins l’élève dépend d’une prise électrique ou d’un chargeur pendant la journée, plus facilement l’équipement peut s’intégrer aux différents temps scolaires.
Des ordinateurs conçus pour résister à la vie scolaire
Autre sujet incontournable lorsqu’une collectivité déploie plusieurs centaines ou milliers d’appareils : leur résistance.
ASUS propose notamment des modèles 11 pouces renforcés destinés aux usages intensifs des élèves, tandis que les modèles allant jusqu’à 14 pouces peuvent répondre aux besoins des enseignants et des personnels administratifs.
Certains appareils bénéficient de certifications de résistance et sont conçus pour supporter les contraintes du quotidien : torsions, pressions ou encore éclaboussures.
L’objectif est de trouver un équilibre entre robustesse, performances et mobilité. Les modèles présentés à LUDOVIA affichent ainsi un poids pouvant rester autour de 1,3 kg, un critère loin d’être anecdotique pour un ordinateur destiné à être transporté quotidiennement dans le cartable d’un collégien ou d’un lycéen.
Réparer et faire évoluer plutôt que remplacer
La durée de vie du matériel constitue l’autre volet de cette réflexion.
ASUS met en avant la réparabilité de certains de ses équipements et la possibilité de faire évoluer leurs composants. Kajanan Shan cite notamment un appareil affichant un indice de réparabilité de 9,4.
« L’idée de ces produits, c’est de tenir dans la durée. Sur une utilisation longue, il faut essayer de réparer et d’upgrader dans le temps si nécessaire », explique-t-il.
Sur certains modèles ExpertBook, l’accès aux composants permet par exemple de faire évoluer la mémoire vive ou le stockage. Une caractéristique susceptible d’allonger la durée d’utilisation d’un parc plutôt que de conduire au remplacement complet des machines lorsque les besoins augmentent.
Cette logique prend une importance particulière dans l’éducation, où le coût d’un équipement ne se mesure pas uniquement à son prix d’achat, mais à son exploitation pendant plusieurs années.
L’intelligence artificielle arrive aussi dans les PC éducatifs
ASUS entend parallèlement faire entrer les évolutions récentes de l’informatique dans ses gammes destinées à l’éducation.
Les nouvelles générations de processeurs peuvent notamment intégrer des unités de calcul spécialisées, telles que des NPU, permettant d’exécuter localement certaines tâches liées à l’intelligence artificielle.
Pour Kajanan Shan, l’un des intérêts réside justement dans la possibilité de disposer « d’intelligence artificielle embarquée », sans nécessairement faire appel au cloud pour chaque traitement.
Le constructeur travaille également sur des fonctions destinées à faciliter les usages quotidiens, comme le NumberPad, qui transforme le pavé tactile de certains ordinateurs en pavé numérique.
D’autres appareils convertibles à 360 degrés peuvent passer d’un usage classique d’ordinateur portable à celui d’une tablette. Équipés de plusieurs caméras, ils peuvent par exemple permettre à un enseignant de montrer en direct un objet, une expérience ou un document aux élèves.
Avec Linux, iDruide répond à la montée de l’enjeu de souveraineté
Mais l’une des principales nouveautés présentées à LUDOVIA se trouve cette année du côté logiciel.
Pour Marion Jacquet, d’iDruide, les préoccupations des collectivités ont sensiblement évolué.
« Cette année, une grande tendance est arrivée avec la souveraineté, qui est devenue un fer de lance », observe-t-elle.
Créée autour de la gestion des équipements Windows et iOS, la solution iDruide s’est progressivement ouverte à d’autres environnements. L’entreprise avait notamment travaillé sur la gestion des Chromebooks en milieu scolaire avec un dispositif permettant d’anonymiser et de pseudonymiser les comptes des élèves et des enseignants.
À LUDOVIA, elle franchit une nouvelle étape avec l’arrivée de Linux.
« La nouveauté de cette année, c’est le lancement de la version Linux. Nous avons maintenant la capacité d’administrer et de superviser des ordinateurs fixes et des ordinateurs portables que les établissements scolaires vont basculer sous Linux », annonce Marion Jacquet.
Cette évolution permet au tandem ASUS-iDruide de proposer aux collectivités des équipements associés à plusieurs environnements logiciels, plutôt que de concentrer l’ensemble du parc autour d’un système unique.
Passer à Linux sans perdre ses usages
Changer de système d’exploitation pose cependant une question majeure : que deviennent les logiciels utilisés quotidiennement par les établissements ?
Après parfois vingt ans d’utilisation d’un environnement Windows, enseignants et personnels administratifs ont développé des habitudes et dépendent d’applications qui ne disposent pas nécessairement d’un équivalent immédiatement disponible sous Linux.
iDruide travaille donc également sur cette problématique.
« Beaucoup de questions ont été posées sur le stand cette année sur la capacité de virtualiser des applications », constate Marion Jacquet. L’objectif est de permettre de retrouver certains de ces logiciels dans l’environnement Linux et de faciliter ainsi la transition.
L’entreprise développe parallèlement les premières briques de ses outils de gestion de classe sous Linux.
Cette orientation ne serait d’ailleurs pas née uniquement d’une réflexion interne. Selon Marion Jacquet, elle a été accélérée par la demande d’un client précurseur qui, dès 2025, avait annoncé sa volonté d’investir dans cette direction en 2026.
Une demande particulière qui a finalement conduit iDruide à préparer une offre destinée à l’ensemble du marché.
Vers une alternative plus large aux environnements existants
La feuille de route ne s’arrête pas à Linux.
iDruide travaille également sur les problématiques de « modern management », avec notamment des gestionnaires de sessions et des mécanismes d’authentification SSO. L’objectif affiché est de proposer progressivement une alternative aux outils de gestion traditionnellement associés à l’écosystème Microsoft.
Autre chantier : le raccordement à EduConnect.
Pour les départements, établissements et administrations, l’enjeu est très opérationnel : éviter d’avoir à recréer ou répliquer les annuaires des élèves et des enseignants dans différents outils.
De nouvelles annonces sur ces développements sont attendues à l’occasion d’Educatech.
Un numérique éducatif qui ne se pense plus seulement par le matériel
À travers leur présence commune à LUDOVIA, ASUS Education et iDruide illustrent finalement une évolution plus large du marché.
Le choix d’un ordinateur scolaire ne repose plus uniquement sur sa puissance ou son prix. Autonomie, poids, résistance aux contraintes de la vie scolaire, réparabilité et durée de vie entrent désormais dans l’équation. À ces critères matériels s’ajoutent la capacité à administrer de grands parcs, la compatibilité avec différents systèmes d’exploitation et, de plus en plus, les interrogations autour de la souveraineté numérique.
Pour ASUS et iDruide, la réponse passe donc par une approche associant les deux dimensions : des machines conçues pour accompagner plusieurs années de vie scolaire et une couche logicielle capable de les administrer quel que soit l’écosystème choisi.
Une manière, surtout, de laisser aux collectivités et aux établissements davantage de possibilités au moment de définir leur propre stratégie numérique.





