RESSOURCES NUMÉRIQUES

Intelligences et représentations des ressources numériques dans l’enseignement

C’est un thème qui nous invite à croiser et confronter les points de vue de différents acteurs. Il conduit à nous interroger, au-delà d’une simple invocation des intelligences multiples, sur les enjeux et les impacts professionnels, éthiques et sociaux de leur création, production et évolutions visées, en particulier à l’heure de l’intelligence artificielle imaginée pour l’éducation.

Quelles intelligences et représentations des ressources numériques pour enseigner et apprendre faut-il convoquer pour éviter un grand écart entre leur adoption par les utilisateurs finaux et les intentions des fournisseurs ou des commanditaires de ces mêmes ressources ?

Pour évoquer ce sujet, les intervenants choisis pour cette table ronde LUDOVIA#16 étaient Christelle Prince IEN Vitry 2 et secrétaire de l’association « EMC partageons », Axel Jean de la DNE, Axelle Desaint, société Tralalere, Catherine de Vulpillières, société EVIDENCE-B et Nathalie COLOMBIER,société Educlever, autour de l’animateur, Alain Thillay de la DNE.

Les premières banques de ressources, déjà anciennes par rapport à l’évolution rapide des technologies, ont été développées à partir d’une approche métier, dans un soucis de satisfaire les utilisateurs en tentant de couvrir de façon exhaustive tous les besoins en terme de programmes scolaires. Peu d’entre elles étaient réellement interactives car il s’agissait de proposer un produit « fini » et directement utilisable.

Les enquêtes réalisées sur les Banques de Ressources Numérique Éducatives (BRNE) en 2017 et 2018 ont montré que, si elles sont considérées avec un réel intérêt par les acteurs de terrain, leur utilisation pouvait être largement plus importante qu’elle ne l’avait été jusque là.

Le levier le plus puissant pour le développement des banques de ressources est de modifier l’expérience-utilisateur. Il est en effet fondamental de faire en sorte que l’utilisateur (enseignant ou élève) ne soit pas seulement un consommateur mais aussi un créateur, un producteur de ressources. C’est sur cette idée que s’est développée la banque de ressources « EMC partageons ».

Ce changement profond de posture est aujourd’hui le point de départ de toutes les créations et améliorations des banques de ressources. Il a été permis et facilité par le développement de l’UX Design (User Experience Design) et l’intégration de l’adaptative learning qui permet d’aider les enseignants dans la nécessaire personnalisation des enseignements. La granularité de la ressource est un gage de différenciation possible, mais toujours sous la responsabilité de l’enseignant. Il n’y a rien de magique ni d’automatique.

Aujourd’hui, la puissance de calculs disponible et les choix méthodologiques amènent à un contexte global d’amélioration des ressources éducatives. L’idée n’est plus de répondre à toutes les demandes imaginables, mais de proposer des ressources qui seront médiatisées par les enseignants, confirmant leur action indispensable.
Le cahier des charges imposé à toutes les banques de ressources sont donc désormais de proposer des « assistants intelligents » à l’enseignant dans sa classe.

La nouvelle version des BRNE proposée par la DNE (qui vont voir le jour au début de l’automne 2019), auront ainsi fait l’objet d’une année entière de Recherche & Développement en partenariat avec des académies, en toute transparence.

Le développement des ressources numériques éducatives repose en effet sur des enjeux éthiques et sociétaux. Il doit viser la qualité et l’ergonomie, et s’appuyer sur un travail d’accompagnement, de formation. Car il ne suffit pas de proposer un « tableau de bord » aux enseignants, il faut aussi qu’ils puissent s’en emparer et en utiliser les résultats.

L’utilisation de l’IA en matière de ressources éducatives permet de faire éclore des « partenariats d’innovation » entre différentes disciplines ou niveaux, ce qui était difficilement réalisable auparavant. Elle permet également de créer du lien et de donner davantage de sens aux apprentissages, de favoriser l’inclusion par l’adaptabilité et l’accessibilité des ressources. Elle favorise l’intelligence individuelle et collective et le partage par le biais des plateformes de ressources.

 

Synthèse rédigée par Mila St Anne.

 

 

 

 

 

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