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Qu’apprend-on en tant que prof d’une enquête sur le point de vue des élèves pendant le confinement ?

La communauté LUDOVIA de par le monde (SUISSE, BELGIQUE, CANADA, FRANCE, …) propose, en cette période de confinement, un événement inédit sur une semaine et totalement en ligne qui se déroulera du 27 au 30 avril prochain. Chercheurs, enseignants, et éditeurs auront l’occasion d’exposer leurs premières expériences et leur premiers retours sur cette période inédite qui touche le monde de l’éducation et notamment l’ensemble de la communauté éducative francophone au niveau mondial.

Une quarantaine d’ateliers-défis, des Pitchs, des conférences et tables rondes, des Barcamps, du « Off » et même des pauses café rythmeront les 4 jours « en ligne » de cette première édition des LUDOVIALES.

 

Muriel Epstein & Pascale Haag (FRANCE) présenteront « Qu’apprend-on en tant que prof d’une enquête sur le point de vue des élèves pendant le confinement ? ».

Problématique pédagogique :

Si la continuité pédagogique a pu s’élaborer grâce à l’engagement, la créativité, la solidarité et la capacité à “bricoler” dans l’urgence dont ont fait preuve les enseignants depuis le début du confinement, les élèves ont également eu à faire face à d’importants changements et à bricoler à leur tour pour s’adapter à la réorganisation frénétique qui s’opérait autour d’eux dans un contexte qui a contribué à amplifier les inégalités sociales et scolaires. Comment ont-ils accueilli les propositions qui leur ont été faites ? Quels sont les dispositifs qui fonctionnent le mieux pour le plus grand nombre ? Quelles difficultés rencontrent-ils et comment leurs retours peuvent-ils nous aider non seulement à améliorer les dispositifs, mais aussi à réfléchir collectivement à la forme scolaire et à son évolution à plus long terme ? Notre atelier vise à présenter les réponses à une enquête conduite auprès de 731 élèves du CP à la Terminale, afin de mieux comprendre comment les enfants vivent le début du confinement et d’avoir leur point de vue sur les pratiques qui nous permettront de passer ce cap avec eux dans les meilleures conditions possibles.

Apport du numérique  :

Permettre à tous les élèves de continuer à bénéficier d’un accompagnement pédagogique durant le confinement constitue un enjeu crucial. Plus que jamais, les outils numériques sont incontournables dans le contexte actuel. S’ils ouvrent la voie à de nouveaux modes d’accès au savoir, les changements qu’il induisent suscitent aussi des interrogations et des inquiétudes. Les résultats de l’enquête montrent que, pour l’immense majorité des participants, le temps passé devant des écrans a considérablement augmenté car une grande partie de l’activité scolaire se déroule actuellement en ligne. Ils soulignent certains avantages lorsque les dispositifs fonctionnent convenablement, et notamment la possibilité de poser des questions discrètement à l’enseignant à tout moment et l’amélioration de la communication entre parents, enseignants et élèves dans la perspective d’un apprentissage plus humain

Relation avec le thème de l’édition :

Comme le souligne un des participants : “Les professeurs sont attentionnés avec nous et ils veulent qu’on réussisse”. Leurs réponses peuvent éclairer certains questionnements des enseignants sur la meilleure manière de répondre aux besoins – très divers – des élèves. La question de l’effet de cette période inédite sur la forme scolaire à plus long terme se pose également et le fait qu’un nombre significatif d’élèves puissent souhaiter poursuivre une partie des cours à distance ouvre de nombreuses perspectives, tout en soulevant de nouveaux problèmes.

Synthèse et apport du retour d’usage en classe :

L’atelier vise à apporter des éléments d’information sur ce que les élèves apprécient et ce qu’ils souhaiteraient voir changer. Une polarisation se dessine entre les élèves qui ont le sentiment que le mode de communication actuel les rapproche des enseignants, leur permet de poser plus de questions ou de recevoir plus d’aide et les élèves qui sont, au contraire, stressés parce qu’ils reçoivent trop de devoirs, que les consignes ne sont pas toujours claires (notamment pour les lycéens) et qu’ils se sentent délaissés. L’enquête montre aussi que les garçons se plaignent plus que les filles du manque d’outils informatiques. Il est notable qu’un tiers des élèves souhaiterait cependant continuer à suivre une partie des cours à distance à l’issue du confinement. Durant l’atelier, nous présenterons une partie de l’analyse des résultats, en cherchant à mettre en lumière différents profils, selon l’âges, le sexe ou le type d’établissement et proposerons aux participants un moment d’échange réflexif sur leurs situations respectives.

 

En savoir plus sur Pascale Haag & Muriel Epstein :

Pascale est psychologue et maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris). Elle est à l’initiative de la création du Lab School Network, qui se propose de mettre la recherche au service de la réussite éducative et de favoriser les échanges entre l’ensemble des acteurs de l’écosystème éducatif (enseignants, chercheurs, parents, élèves, entreprises, pouvoirs publics). Elle est également fondatrice de la première lab school en France : la Lab School Paris, une école pilote qui a ouvert en septembre 2017.

Dans la première partie de son parcours professionnel, après des études musicales aux conservatoires de Strasbourg et de La Haye (hautbois baroque, flûte-à-bec, clavecin), Pascale a participé à de nombreux concerts et enregistrements. Elle a également été professeur d’enseignement artistique jusqu’en 1998. Une reprise d’études l’a amenée à un doctorat en Études indiennes (2002) et ses recherches ont porté principalement, jusqu’en 2011, sur la grammaire sanskrite, la philosophie du langage et l’histoire des théories linguistique indiennes. Désireuse d’élargir le champ de ses compétences, elle étudie ensuite la psychologie à l’université de Nanterre, où elle obtient le titre de psychologue à la suite d’un Master de psychologie en 2013, puis un doctorat en psychologie, sur l’expérience doctorale en 2018. En septembre 2019, elle a rejoint le Laboratoire BONHEURS de l’université de Cergy-Pontoise.

Pascale a baigné depuis son enfance dans la pédagogie Freinet, car ses parents, tous deux professeurs des écoles, se sont intéressés aux pédagogies alternatives et à leur mise en oeuvre dans les quartiers sensibles de la banlieue de Strasbourg dès les années 1970. Elle assure aujourd’hui la direction scientifique de la Lab School Paris.

 

Ancienne prof du secondaire, mes recherches portent sur le numérique dans l’enseignement depuis quelques années.

 

 

 

 

 

 

 

Voir le programme des ludoviales => ludoviales.com

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