POINT DE VUE

Soyez heureux et libres avec le numérique !

C’est la conclusion de Jean-François Cerisier pour son intervention sur le thème de l’année « Injonctions numériques : entre techno-enthousiasme et pratiques collectives » lors de la conférence d’ouverture qu’il a donné à LUDOVIA#17 ; avec le télescopage pandémique, la thématique est d’actualité. 

Crédit photo : Cire Box

L’injonction renvoie au pharmakon de Stiegler. On le sait au moins depuis Marshall McLuhan, les technologies de la communication ne sont pas neutres. Il explique ainsi que toute technologie est pharmakon, elle est à la fois poison et remède. C’est là le piège de l’injonction paradoxale sur lequel on bute depuis des dizaines d’années. Dès lors la question que l’on peut se poser est de savoir comment sortir de la quadrature du cercle !

L’injonction est le correctif qui permet d’atteindre l’objectif. L’injonction est un moyen de rétablir…. Et, il y a injonction parce que la France n’arrive pas à atteindre l’objectif de l’équité éducative. Or cette mise à distance de l’école a eu un effet loupe de la disparité sociale face au numérique. C’est une fracture ouverte qu’on connaît depuis longtemps mais qui est devenue visible.

L’appel à la continuité pédagogique était une injonction… Parce que maintenir l’éducation pour tous en mode dégradé n’était pas préparé. Le problème de cette injonction institutionnelle, c’est qu’elle n’était pas totalement réalisable. La raison essentielle, la place du numérique à l’école n’a pas été pensé avant.

Il ne faut pas faire appel au numérique pour résoudre un problème. C’est un fait culturel total dont les institutions doivent s’emparer pour ce qu’il est. Un vaste sujet où se croisent valeurs, éducation et usages courants.

In fine, il est nécessaire de poser un cadre plus large sur l’utilité du numérique à l’école et sur la responsabilité de l’école pour l’éducation aux médias. Pour Jean-François Cerisier, quatre points structurent son raisonnement :

# 1 c’est un truisme. Mais en premier lieu, le numérique doit être utilisé à l’école pour répondre à des objectifs pédagogiques.

#2 la contrainte économique : équiper les familles qui n’en ont pas les moyens et les profs dont c’est un outil de travail. Mais, au regard du taux d’équipements des familles, il n’est plus nécessaire d’équiper tous les élèves.

#3 la contrainte éthique englobe la gestion des datas personnels, car certaines plateformes utilisent les données personnelles avec des objectifs incompatibles avec les valeurs éducatives.

# 4 l’environnement : les matériels et les usages du numérique sont consommateurs de ressources finies qui génèrent des pollutions. Il faut le prendre en compte et éduquer nos élèves à ces enjeux.

Jean-François Cerisier de conclure : « nous devons éduquer à ces enjeux. Soyons de bons utilisateurs du numérique. L’injonction paradoxale est d’être capable de vivre libre avec les quatre contraintes. »

 

Cette conférence est disponible en replay pour les participants inscrits à LUDOVIA#17 via votre inscription et ce jusqu’au 15 novembre. Elle sera disponible pour tout le monde à compter du 16 novembre, sur ce même article LUDOMAG.

 

Synthèse proposée par François Duport

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