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Mathématiques Sans Frontières : le concours qui fait aimer les maths ensemble

C’est peu dire que de décrire Brigitte Bourgasser Wenner, ancienne présidente de l’association Mathématiques sans Frontières, comme une passionnée des mathématiques.

Également ex-inspectrice de l’académie de Strasbourg, elle a présidé l’association « membre du Comité International des Jeux Mathématiques » pendant 5 ans, et organisé autant d’éditions des compétitions Mathématiques sans Frontières et Mathématiques sans Frontières Junior.

Elle a accepté de répondre aux questions de Texas Instruments, partenaire historique de la compétition.

Pourriez-vous nous expliquer les modalités et le mode de fonctionnement du concours ? 

Ce ne sont pas 1 mais 2 compétitions. Ces deux compétitions, l’une pour les 2nde/3ème, l’autre pour les 6ème/CM2, sont placées sous la responsabilité de l’inspection pédagogique régionale de mathématiques de l’académie de Strasbourg et ont la particularité d’être interclasses et non individuelles : les classes concourent les unes contre les autres et peuvent pour la compétition Junior s’associer en jumelage pour réussir. C’est un format original et collaboratif.

En termes de calendrier, la communication démarre en général en septembre, pour durer jusqu’en novembre. Les inscriptions pour le concours des grands sont ouvertes en octobre, en novembre pour les juniors. C’est l’enseignant qui inscrit sa classe. Dès qu’elle est faite, il reçoit une épreuve d’entraînement, à utiliser quand bon lui semble avant la compétition officielle. Celle-ci a lieu juste avant les vacances de février, ou juste après, le même jour pour toutes les classes et est basée sur des sujets originaux, conçus chaque année par les équipes de conception de Mathématiques sans Frontières.

Ensuite, démarre la phase de correction, dans laquelle nous impliquons l’INSPE et professeurs stagiaires, puis la remise, par secteur, des prix. Et ils sont nombreux !

Combien de classes participent en moyenne chaque année ?

La compétition a été créée dans l’académie, et très rapidement un partenariat s’est établi avec L’Allemagne, puis l’année d’après, avec l’Italie pour peu à peu s’étendre à la Suisse, la Roumanie, le Liban, le Brésil, la Belgique, l’Ecosse, la Hongrie, la Pologne, la péninsule ibérique… Dans chacun de ces pays, sous des formes différentes, la compétition a lieu.

En France, la compétition est proposée dans l’académie de Strasbourg, mais également dans des classes isolées, dans d’autres académies, qui fonctionnent en secteurs autonomes avec « nos » sujets, mais leur propre palmarès et propre remise de prix.

Dans l’académie de Strasbourg, en moyenne (hors année dernière, non représentative), 500 classes (soit 15 000 élèves) de 3e-2de et 1000 classes (25 000 élèves) de CM2-6e concourent chaque année.

Au niveau international, le chiffre s’établit autour de 11 000 classes (210 000 élèves) pour les 3e-2de et 5500 classes (112 000 élèves) pour les CM2-6e.

Et il y a des fidèles : certains enseignants inscrivent leur classe chaque année et… certains voient leurs classes gagner même plusieurs années de suite !

Selon vous quel est l’intérêt pour les établissements à participer à Mathématiques Sans Frontières ?

C’est un vrai projet émulateur dans un établissement. D’ailleurs, il arrive que certains chefs d’établissement impulsent une participation de toutes les classes afin d’en faire un vrai projet commun.

Élèves comme enseignants nous adressent leurs retours chaque année. Les uns comme les autres aiment être libres de s’organiser comme ils le veulent. Les professeurs y voient l’opportunité de développer les compétences transversales des mathématiques, dont communiquer, réfléchir ensemble. La collaboration est très intéressante et l’association s’investit d’ailleurs pour promouvoir cela dans les classes.

Pour certains enseignants, l’expérience de la compétition peut être le déclencheur d’organisation de travaux de groupes dans la classe, ce qui se fait trop peu par endroits.

Par ailleurs, la fréquence des jumelages de classes, particulièrement développés au sein de la compétition Junior, favorise les rencontres entre des écoliers et des collégiens à un moment charnière.

Qu’est ce qui, selon vous, constitue l’engouement autour de Mathématiques sans Frontières ?

Au-delà de ce que j’ai exposé précédemment, je pense résolument que ce sont les exercices de Mathématiques sans Frontières. Ce ne sont pas des exercices classiques : ce sont des problèmes ouverts, issus de la vie courante. L’énoncé de l’un des exercices est donné dans plusieurs langues vivantes et les exercices font appel à des contextes variés, parfois à l’histoire, à la physique, à la géographie : c’est la « marque » Mathématiques sans Frontières. D’ailleurs, ils se retrouvent parfois dans les manuels scolaires, estampillés « Mathématiques sans Frontières ».

Chaque exercice est réfléchi et conçu pour développer la créativité, l’esprit critique, la prise d’initiative etc. Nous cherchons à remobiliser aussi des compétences apprises dans les classes précédentes et pas uniquement les théorèmes appris la semaine dernière, telles que les compétences d’argumentation et de réflexion, moins scolaires.

Enfin, nous disposons de gros bilans pédagogiques, mines d’enseignements qui servent de support de formation aux jeunes enseignants et aident à la réflexion sur les méthodes à un plus haut niveau.

Citez-nous vos « coup de cœur » : les exercices qui sont peut-être vos chouchous, ou ceux qui ont été les plus appréciés

C’est très difficile. Spontanément, je pense à l’exercice numéro 8 de la compétition Junior, qui est toujours un exercice d’estimation. Il manque des données, les élèves doivent se débrouiller.

Par exemple, les enfants vont à une sortie et en attendant les bus ils font une file 2 par 2 le long du trottoir. Il faut estimer la longueur de la file. Ce qui est évalué n’est clairement pas la réponse, mais la démarche.  Ce type d’exercice est inspiré du Problème du Géant, une recherche de l’IREM : on montre une photo d’un géant dans un parc d’animation avec un personnage devant et on demande d’estimer la taille du géant.

Quelques autres exemples :

Extraits de la compétition 3e-2nde

Extraits de la compétition Junior

Qui sont vos partenaires et quel rôle jouent-ils dans Mathématiques sans Frontières ?

Nous avons en effet la chance d’être très soutenus. À la fois par des sponsors transversaux tels que le Crédit Mutuel et le  Crédit Mutuel Enseignant (depuis le début), Texas Instruments (depuis très longtemps), mais aussi par les collectivités locales, des associations d’anciens élèves, des structures et commerces locaux qui offrent des lots. Ce soutien est très important pour l’image de la compétition.

Lors de la dernière édition de Sharing Inspiration[1], il a été établi que l’Europe allait manquer de 7 millions d’ingénieurs à horizon 10 ans et avait donc un enjeu majeur à donner le goût des sciences et des mathématiques en particulier.

[1] La manifestation organisée à Bruxelles par TI pour partager avec les institutionnels, les enseignants T3 et les chercheurs sur les enjeux des STEM

Vous devez en être un vrai baromètre.

Absolument ! Notre objectif est clairement la réconciliation de tous les élèves avec les mathématiques. Nous voulons donner le goût des mathématiques le plus tôt possible. La stabilité incroyable dans l’académie de Strasbourg mais aussi la très forte croissance au niveau international, notamment des classes francophones de l’étranger, et la croissance des demandes d’implantation dans les autres académies dans un contexte de réformes du collège et du lycée sont de vrais bons indicateurs.

D’ailleurs, c’est aujourd’hui notre ambition que de développer le concours dans d’autres académies. Nous y sommes aidés par notre visibilité sur Eduscol, notre participation au Salon International des Jeux Mathématiques, ou encore par les formations en distanciel qui ont permis et permettront encore de faire connaître la pratique dans d’autres académies.

Un grand merci. Un dernier mot ?

Nous sommes très heureux d’avoir des partenaires de longue date, c’est une vraie belle surprise pour les élèves de CM2 d’avoir une calculatrice de grand, la TI-Collège Plus Solaire. Pour les lycéens qui reçoivent une TI-83 Premium CE Edition Python également, et même si c’est évidemment très scolaire, les parents aussi y voient un réel intérêt car c’est un coût et c’est nécessaire à leurs enfants. Notre priorité est la formation aux mathématiques, et même si on a un côté ludique, on ne l’oublie pas.

Pour en savoir plus sur Mathématiques sans Frontières
Pour entrer en contact avec le secrétaire général de l’association :  msf@ac-strasbourg.fr

 

Article diffusé dans le cadre d’un partenariat média.

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