Point de vue

Numérique : Le numérique éducatif est-il social ?

L’Université d‘été LUDOVIA avait choisi de décliner ce thème afin de permettre à chacun d’illustrer ses retours d’expériences ou témoignages ou encore expérimentations pédagogiques lors d’ateliers Explorcamps ou conférences du 23 au 26 août 2021.



Table ronde avec Nicolas Micas (DSI CD09), Anne-Charlotte Monneret (EdTech France), Julie Stein (Banque des territoires), Antonin Cois (consultant ex Ligue de l’Enseignement), Mélanie Viénot (Woonoz), Jean-Christophe Lopez (Leanova), Philippe Ajuelos (DNE), Laetitia Branciard (ENSFEA pour l’enseignement agricole) et Marc Sagot (AFINEF) animée par Eric Fourcaud

Les problématiques

Dans le domaine éducatif, les enjeux liés au numérique et au social sont multiples. Le numérique favorise-t-il de nouveaux types de sociabilités, que ce soit dans la relation entre les apprenants, entre les apprenants et le savoir ou encore entre les apprenants, les parents d’élèves, les enseignants ou les institutions ? Comment mesurer l’impact de ces nouvelles sociabilités sur l’évolution du monde de l’éducation ?

Ces technologies permettent-elles de lutter contre les inégalités sociales comme cela était initialement promis par les MOOC en favorisant un « accès de masse »? Ou au contraire participent-elles à leur renforcement comme il semblerait que ce soit le cas avec l’enseignement à distance mis en œuvre pendant l’épidémie de Covid-19 ?

Les inégalités sociales par-delà les politiques d’équipement ou d’accompagnement sont-elles engendrées, renforcées par l’utilisation du numérique à l’école ou le numérique fait-il société avec une réelle communauté autour de l’école (la fameuse communauté éducative) qui se livrerait à un partage facilité par le numérique (l’ENT, le Blog de l’école, Twitter) ? Pour autant, il est constaté de grandes inégalités d’accès tant pour des raisons économiques ou techniques que culturelles. À la suite de la « fracture sociale », le concept de « fracture numérique » est évoqué pour déplorer le « non-usage ».

Mais le concept de fracture numérique pourrait aussi être interprété comme un mythe technophile au service d’une idéologie libérale.

Comment les acteurs le perçoivent, quelles solutions « technologiques » et autres peuvent être apportées ?

Les différents intervenants nous ont fait part de leurs actions en faveur d’un numérique plus inclusif / d’une meilleure inclusion par le numérique / de financements d’équipements et d’accompagnements (car juste équiper ne suffit pas) pour réduire ou limiter la “fracture numérique”.

Les élèves ayant des troubles des apprentissages et les publics empêchés ont été au cœur des interventions en rappelant que ce sont les mêmes, déjà en difficulté avant la numérisation de notre société, qui ont aujourd’hui du mal avec le numérique.

Ainsi, vouloir “adapter” pour eux les “solutions” numériques et/ou utiliser le numérique pour leur venir en aide est certes louable mais aussi contre-intuitif voire pourrait être contre-productif. D’autant que les efforts nécessaires pour s’emparer du RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité) sont rarement mis en œuvre et les organismes adaptateurs qui pourraient aider sont trop peu connus.

Pourtant répondre aux besoins des usagers les plus en difficulté c’est faciliter la tâche pour tous, à condition de travailler en bonne intelligence avec tous les acteurs sans oublier… les destinataires !

Le numérique sera social quand on ne se posera plus cette question, ni celle du temps d’écran, que cela fera partie de la boîte à outils de l’enseignant et qu’on ne parlera plus de la fracture parce-qu’elle sera réduite. Il faudrait mieux parler du numérique, changer l’imaginaire, casser les vieux paradigmes des enfants du 20e siècle avec des conceptions du 19e siècle alors qu’on prépare les citoyens du 21e siècle… mais cette vision qui semble pointer des “coupables” réactionnaires n’est pas propice au nécessaire travail collectif.

Se coordonner, investir, monter des projets, équiper, accompagner, créer et tester des solutions… tout cela doit se faire sans pour autant évacuer, comme c’est trop souvent le cas, les critiques légitimes faites au numérique éducatif. L’école n’est pas un marché comme les autres, la critique est saine et il faut l’intégrer si on veut fabriquer du consensus. En effet, la crise sanitaire nous a encore plus permis de constater que les incantations “on est prêt », “la continuité pédagogique a été possible”, “vous êtes formidables” n’ont fait que crisper davantage les acteurs de terrain !

Les actions et projets présentés  :

Banques des territoires :

ENSFEA (Ecole Nationale Supérieure de Formation de l’Enseignement Agricole) :

Recherche collaborative sur le thème du numérique pour compenser les difficultés des apprenants porteurs de troubles des apprentissages dans l’enseignement agricole.

LéA “Hande@ccess Scolagri”

CD 09 :

Appel à projet avec un concours de court métrage à destination des ULIS par le département de l’Ariège en réutilisant des tablettes anciennes plutôt que de les mettre au rebut.

La Ligue de l’Enseignement :

Solutions inclusives des EdTech pour les élèves à besoins particuliers :

  • Mobidys : lecture
  • Learnandgo : écriture
  • Learnenjoy : maths
  • Dynseo : autisme
  • Crocos go digital : détection des troubles et initiation au coding pour tous

Woonoz :

Leanova et le secours populaire :

Projet TED-i systèmes robotisés de téléprésence (SRTP)

 

Article rédigé par Stéphanie de Vanssay

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