POINT DE VUE

Donner du sens et de la motivation aux élèves avec l’écran interactif

Bien utiliser l’écran interactif (et les TBI en général), c’est assurer une meilleure qualité des apprentissages en ayant une plus grande efficacité que les moyens traditionnels.

1) Brainstorming (Remue-méninges) sur un tableau à craie. Photo : Belinda Lawley

 

Explorer des voix (voies) différentes

Lors d’une phase de découverte ou de recherche, sur un tableau à craie ou feutres, on se retrouve vite limité par l’espace disponible.

Lorsqu’une nouvelle idée apparaît, il peut être pratique de la placer à l’endroit où elle sera pertinente. Pour cela, certains utilisent des Post-its. Ceux-ci sont faciles à repositionner, mais ils deviennent vite illisibles quand ils doivent être vus à une certaine distance, ce qui est le cas en activité de grand groupe.

Une méthode de management d’entreprise s’est emparée de cette technique, le « Lean management ». Des applications spécialisées existent pour faciliter cet usage sur les écrans interactifs, les plus

connus sont iObeya et Ubikey, ce dernier issu des travaux de l’Université de Technologie de Compiègne.

Dans le domaine scolaire, les besoins sont généralement plus limités et un simple logiciel de tableau interactif est suffisant. Les données qui apparaissent sur l’écran sont ainsi le reflet des idées de la classe.

Comme nous l’avons vu dans l’article Écran interactif Vs Tablettes, l’utilisation de tablettes et autres périphériques permet l’intervention de chaque élève, y compris pour des plus timides qui peuvent alors donner de la voix.

2) Mur de Post-its dans le métro de New York. Photo : Cait Stewart.

 

L’enfant robot

La plupart des enfants souhaitent intervenir sur l’écran interactif. Même si celui-ci est désormais largement multicouche[1], l’utilisation simultanée par de nombreux élèves a peu d’intérêt pédagogique.

Dans le remue-méninge, un scripteur est mobilisé pour agencer les propositions. Celui-ci est neutre, il essaye de refléter le plus fidèlement possible les interventions, même s’il est aussi l’animateur de la séance.[2]

L’attitude du manipulateur de l’écran interactif peut être étendue à la réalisation de jeux. Par exemple, en cours de langue, un élève, le robot, doit réaliser les propositions de son groupe. S’il échoue, c’est qu’il n’a pas compris ou que la consigne n’était pas claire ; le tour passe alors à l’équipe suivante. Des jeux qui se prêtent bien à cette activité sont le Memory et autres jeux de cartes ou le pendu.

Les élèves guident leur robot en utilisant le vocabulaire de position.

3) Les logiciels pédagogiques d’écrans interactifs permettent de créer ses propres activités,
memory ou autres jeux de cartes où pourra intervenir un « enfant robot ».

 

Bien présenter

ATTENTION ! Bien présenter ne signifie pas qu’il faut réaliser des diapositives parfaitement mises en page avant le cours et même bien au contraire. Cette affirmation peut sembler étrange à ceux qui préparent de magnifiques documents en PréAO (type PowerPoint), mais lorsque les élèves sont confrontés à un affichage déjà organisé, ils n’ont plus d’espace de réflexion et de création.

Ils peuvent lire le texte, regarder l’image, mais moins facilement l’analyser que si elle est en plein écran. L’idéal est donc d’avoir à l’écran l’objet à étudier et seulement lui, sans légende ou commentaire additionnel.[3]

Lorsque la séance est terminée, le document, chargé des idées des élèves peut être remis en forme. Cette mise en forme peut avoir lieu en direct, ou bien être réalisée a posteriori. L’avantage de le réaliser devant les élèves, c’est que ceux-ci comprennent comment se réalise le document final afin qu’ils se l’approprient mieux. Une mise en page différée reste parfois la meilleure solution, lorsque les interventions sont minimes et s’il s’agit principalement de parfaire la présentation ou de convertir l’écriture manuscrite en écriture d’imprimerie.

Dans tous les cas, le document brut (éventuellement retouché) est intéressant à mettre à disposition, car il permet aux élèves de retrouver le travail effectué en classe, ce qui facilite la mémorisation et la référence en cas de difficultés de compréhension. Ce document se termine par un résumé, clair et bien organisé de ce qu’il convient de retenir de la leçon. Cet élément peut être imprimé et placé dans les références de l’élève.

Point à la ligne

La galerie des logiciels d’écrans (TBIciel) contient généralement des lignes pour l’écriture, des portées musicales, des quadrillages, papiers millimétrés. Si ce n’est pas le cas, il est aisé de compléter les éléments proposés avec les siens, propres.

Vous pouvez par exemple scanner les tracés souhaités, voire les réaliser vous-même, avec le TBIciel.

Lorsque l’on utilise un écran interactif, il est recommandé d’utiliser une taille de police supérieure ou égale à 24pts. Ceci permet une bonne lisibilité pour tous dans la classe. Évidemment, avec cette taille de police, il n’est plus possible de placer autant de texte sur un seul écran. Ce n’est pas un inconvénient, car l’écran collectif n’est pas idéal pour prendre connaissance de textes longs. Il est bien préférable de n’afficher qu’une partie d’un texte, par exemple un paragraphe afin de pouvoir l’étudier sans que les élèves en difficulté soient effrayés par la longueur du texte ou tout simplement perdus.

Un bon réflexe lorsque l’on utilise un écran interactif est de n’afficher que ce sur quoi porte le travail en cours. Les autres éléments peuvent apparaître au fur et à mesure, en les traçant, les récupérant dans la galerie, sur une autre page ou à partir d’une page Internet, par exemple.

4) Lignes Terre — Sol — Ciel utilisées notamment pour les enfants dyspraxiques apprenant à écrire.

 

Et la motivation ?

Si l’écran interactif est utilisé pour matérialiser les pensées des élèves, si ces derniers peuvent y intervenir, y compris de façon ludique et s’ils conservent une trace de qualité des recherches effectuées en classe, il est quasiment assuré que les élèves vont s’approprier l’outil.

Prendre l’habitude de s’interroger, argumenter, respecter la parole de l’autre est un des bénéfices induits du bon usage de l’écran interactif.

Dans le prochain article, nous verrons un cas concret, comment mener une séance documentaire en classe.

 

[1] La plupart des écrans interactifs acceptent au moins une dizaine de points de contact simultanés. Les plus avancés peuvent même distinguer différents scripteurs et leur attribuer, par exemple, une couleur spécifique.

[2] Dans un remue-méninge, le scripteur ne doit pas évaluer les réponses données. Il doit se contenter de les faire apparaître. C’est dans un second temps, que les idées affichées seront exploitées ou rejetées.

[3] Référez-vous à l’article Comment accompagner les enseignants pour la prise en main de l’écran interactif

 

Article diffusé dans le cadre d’un partenariat

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