RESSOURCES NUMÉRIQUES

Quelle place pour la vidéo dans l’enseignement ?

Pour certains enseignants, et en particulier avant les années 2010, l’usage de la vidéo, de la télévision, du film est – ou était – un écart dans la pratique pédagogique pour approfondir un sujet de manière plus ludique ou même récompenser les élèves.

Souvenez-vous : la télévision de la classe ou le vidéoprojecteur étaient allumés la veille des vacances ! Depuis, plusieurs études ont montré que la vidéo était un support pédagogique très intéressant, y compris sur des élèves en difficultés d’apprentissage et de concentration. L’Éducation aux Médias et à l’Information est aussi rentrée dans les programmes depuis 2015 et les enseignants doivent apprendre à leurs élèves à éviter une consommation passive et surtout excessive des écrans. Aujourd’hui, enseigner le regard critique et citoyen sur les médias mais aussi encourager les élèves dans des productions autonomes font partie des directives du Ministère de l’Education nationale.

Que dit la recherche en la matière ? Quels sont les atouts de la vidéo ? Quels sont les impératifs pour faire une vidéo « parfaite » en matière de pédagogie ? Adobe SPARK, le logiciel de création gratuit d’Adobe permet justement de les mettre en œuvre… Enquête.

1. Les digital natives et la vidéo

C’est comme ça qu’on les appelle et il est vrai qu’ils sont nés avec une souris à la main ! La consommation et la création de vidéos est une des caractéristiques fortes des usages numériques des adolescents. Que ce soit pour leurs loisirs, leur recherche d’informations et leurs révisions, ils utilisent énormément les plateformes vidéo grand public. Ainsi les Bons Profs, la chaine Youtube dédiée aux révisions et méthodes peut comptabiliser jusque 1 million de vues sur une seule de ses vidéos ! D’après une étude Ifop de 2018, 65% des jeunes collégiens créent leurs propres vidéos et 82% des lycées ont déjà réalisés et postés une vidéo sur un réseau social (Observatoire des réseaux sociaux, IFOP).

Le pouvoir de la vidéo sur la mémorisation ne date pourtant pas d’hier : les travaux de Wiman et Merierhenry en 1969 avaient déjà montré que les élèves mémorisent :
• 10% de ce qu’ils lisent
• 20% de ce qu’ils entendent
• 30% de ce qu’ils voient
• 50% de ce qu’ils voient et entendent.

D’où l’importance du cours projeté sur écran par l’enseignant ou… de la vidéo !

Des compétences mobilisées, des élèves plus impliqués 

Les élèves sont clairement plus impliqués quand je lance une vidéo d’intro que j’ai réalisée, ou encore plus quand je leur demande de la faire avec leurs camarades de classe. Ils sont plus motivés, surtout dans une matière qui n’est pas forcément celle avec laquelle ils sont le plus à l’aise en filière pro… Les compétences mobilisées sont nombreuses : l’écrit pour préparer le petit texte, la recherche documentaire pour trouver la photo, le travail d’équipe, la capacité d’écoute (on fait silence complet quand les camarades enregistrent leur texte à mon bureau). Ils mémorisent bien mieux j’en suis sûre. Le seul point négatif c’est que c’est chronophage, je ne peux pas faire ça tout le temps bien sûr. – Carole RAFFIN, professeure de lettres et Histoire-Géographie en Lycée professionnel

2. Quelle place pour la vidéo dans l’enseignement ?

Plus récemment, plusieurs études se sont attachées à vérifier l’impact de la vidéo sur les capacités d’apprentissage des élèves. En 2012, une étude de Willmot (Université de Loughborough) a démontré un effet mesurable entre l’utilisation de la vidéo et l’augmentation de la motivation des élèves, l’obtention de notes plus élevées et un apprentissage plus approfondi du sujet !

Sépharin Alava, professeur en sciences de l’Education conclut ainsi l’un de ses articles sur le sujet « En valorisant l’introduction des vidéos dans l’ensemble des matières, en renforçant l’usage de la vidéo comme support de travail et de création, nous permettons aux élèves de disposer des outils d’accès à la connaissance mais aussi de porter un regard critique et citoyen sur les médias ». C’est l’un des points intéressants de l’usage de la vidéo car l’usage des écrans par cette génération est parfois, et de plus en plus, bien trop important. Ils ont également du mal à trier l’information reçue et l’Internet est aussi le lieu de nombreux mensonges et propagandes malhonnêtes. C’est le rôle de l’école que de développer leur sens critique vis-à-vis des médias, et notamment de la vidéo !

Y a t-il des impératifs sur les vidéos que vous produisez pour eux ? 

Oui… déjà la classe inversée ce n’est jamais chez eux : ils ne font pas de travail à la maison et souvent ils n’ont pas la connexion web nécessaire comme je vous l’ai dit à l’instant. On fait l’inversé en classe ou en salle informatique. Ensuite, les vidéos sont très courtes : pas plus de 3 minutes et enfin, je veux absolument qu’ils soient acteurs et concentrés sur la compréhension… L’image, le son, la voix s’ils ne sont pas accompagnés, par des questionnements, vont parfois plus semer le trouble que d’éclairer et faire passer des savoirs. En cours de vidéo, j’inclus une question qui va stopper la vidéo pour qu’on réfléchisse sur ce qui vient d’être dit. – Claire Dreyfus, professeur d’histoire-géographie de collège en REP+

3. Bien réaliser sa capsule vidéo

La vidéo pourra être utilisée pour former les élèves à une analyse critique, elle sera un excellent support pédagogique pour apprendre une langue (projeter un épisode de Game of Thrones en VO non sous-titrée par exemple ? Succès assuré et efficacité redoutable !), en histoire, en géographie mais aussi en sciences pour découvrir des expériences scientifiques (voir nos tutos précédents). La vidéo peut être réalisée par les enseignants en introduction, conclusion de cours ou en pédagogie inversée. Il est enfin particulièrement intéressant de demander aux élèves de produire leurs vidéos pour développer leur créativité et la mémorisation de la leçon.

L’avantage d’un cours en vidéo c’est son accessibilité : l’élève peut le consulter n’importe où et autant de fois que nécessaire. Avec la vidéo, chacun peut aller à son rythme. La vidéo permet de créer une image mentale. Associée à du son, elle renforce la mémorisation et le fait que les images soient en mouvement est également un point fort pour l’apprentissage.

Une étude de 2006 permet de faire apparaître un point essential quand on réalise une vidéo à destination des élèves. Dans Instructional video in e-learning : Assessing the impact of interactive video on learning effectiveness, Dongsong Zhang, Lina Zhou, Robert O. Briggs, Jay F Nunamaker démontrent que les étudiants utilisant une simple vidéo obtiennent les mêmes résultats que ceux qui ont étudié sans vidéo. Par contre ceux qui ont utilisé des vidéos interactives ont de meilleurs résultats. Alors, comment faire une vidéo interactive ? Il suffit d’associer vidéo et slides de textes courts mettant l’accent sur l’essentiel, le fameux « à retenir ». Concrètement, la vidéo est d’un côté et de l’autre, l’enseignant va venir écrire ce qu’il faut retenir. Pour obtenir ce résultat, l’idéal, le plus simple (et gratuit en plus !) c’est d’utiliser Adobe SPARK vidéo.

Les impératifs d’une séquence vidéo « parfaite » ?

  • Sa durée : pas plus de 7 minutes en collège ou lycée, sachant que 3 à 5 minutes c’est même l’idéal (si si, c’est déjà long !).
  • Faire des ruptures et insérer des notions clés, des « à retenir », des dates, … comme ci-dessous.

  • Jouer la carte de l’interactif : proposer plusieurs questions dans la vidéo ou sur un QCM pour réactiver les connaissances (voir témoignage de Claire Dreyffus)
  • Et surtout : tout préparer avant de s’y mettre !
    • Faire un scénario ou script précis (telle vidéo est suivie de telle image, de tel texte, …) que l’on peut crayonner à la main avant si on le souhaite.
    • Les images tournées et les photos seront préparées en amont.
    • Le texte de la voix off sera également complètement rédigé car lu sur le montage final. Avec Adobe SPARK, il est possible de modifier le temps d’apparition d’une slide avec photo et texte, et pour s’enregistrer c’est d’une simplicité enfantine. On clique sur le bouton rouge.
    • On évitera les longues phrases et il faudra faire attention à mettre l’intonation aussi car le verbal est presqu’aussi important que le visuel : si la voix est monotone et le film extraordinaire, le sommeil prendra quand même les spectateurs 🙂.

En cliquant sur « Icon » au centre de la slide, je peux ajouter des dessins de type pictogramme gratuits (image 1). En cliquant sur « photo » je peux soit télécharger mes photos qui sont sur mon ordinateur (Upload photo) soit trouver des photos gratuites (Find Free photos) qui m’amène sur un moteur de recherche et me proposera de très belles photos gratuites. Attention : le moteur de recherche est en anglais, il faudra juste trouver le mot dans la langue de Shakespeare !

Sources
https://www.reseau-canope.fr/agence-des-usages/les-usages-video-des-jeunes-quels-interets-pedagogiques.html
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0378720605000170
Les tice en classe, mode d’emploi – DOMINÉ GHISLAIN Paru le 24 août 2017 Guide (broché)
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0378720605000170

Plus d’infos :

A travers son programme Education, Adobe propose ses applications de création Creative Cloud gratuitement (Adobe Spark) ou à tarif préférentiel (à partir de 5€ par élève et par an – voir conditions) à tous les établissements d’enseignement primaire, secondaire et supérieur. Les applications de création Adobe Creative Cloud permettent aux élèves d’acquérir la maîtrise des outils numériques devenue incontournable. De nombreux enseignants utilisent quotidiennement les applications Creative Cloud pour ajouter une touche ludique et interactive à leurs cours tout en stimulant la réflexion créative à travers des formats visuels attrayants. Pour en savoir plus, écrivez-nous à educ@adobe.comou visitez nos sites :

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