POINT DE VUE

Représentations des enseignants et étudiants, autour de la « pré-disponibilité numérique » des supports de cours

Pour la quinzième édition du Colloque scientifique Ludovia#16, 36 communications vous seront présentées sur le thème « Numériques & représentations ». Ludomag se propose de vous donner un avant-goût du colloque jusqu’au début de l’événement, mardi 20 août.

 

Jean-François Céci présentera « Représentations des enseignants et étudiants, autour de la « pré-disponibilité numérique » des supports de cours » le jeudi 22 août.

Résumé de la communication:

L’usage du numérique en éducation est souvent remis en question par les différents acteurs du système scolaire. Plusieurs raisons peuvent conduire à cela : la première raison révèle un manque de maîtrise du numérique éducatif et une indisponibilité des outils et équipements nécessaires, malgré une injonction paradoxale de nos institutions à innover ; la deuxième raison relève de présupposés ou représentations bloquantes, à la transmission souvent virale. En effet, tout être humain possède un avis sur à peu près tout, du commérage de couloir au phénomène scientifique étayé ! Cela constitue un « fait social total » pour reprendre l’expression de Marcel Mauss , et le milieu universitaire n’y échappe pas. Ainsi, les discussions de pauses café, de « salle des profs » ou « photocop » sont parfois emplies de présupposés et représentations diverses de phénomènes sociaux, complexes à décoder. Nous avons tendu l’oreille à une conversation portant sur la mise à disposition à l’avance des supports de cours, en format numérique. Les propos étaient à peu près de cette teneur, entre Lucien et Jacques, deux enseignants universitaires :
– Je n’ai pas pu faire mes photocopies pour mon cours de 11h, je suis bien embêté…
– Enfin Lucien, pourquoi n’utilises-tu pas des supports numériques, et tu les distribue via l’ENT ou par mail ? J’en ai fini avec le papier et je gagne un temps fou…
– C’est toi qui est fou Jacques, tu ne te rends pas compte de ce que ça implique…
– Que veux-tu dire ?
– Si je mets mes cours accessibles à l’avance en numérique, les étudiants vont les récupérer et ils ne viendront plus en cours ! Déjà que j’ai pas mal d’absentéisme…En plus ça sert à rien, ils ne les lisent pas avant de venir. Dès lors que tu leur donne un poly, ils ne prennent plus de notes, ne t’écoutent plus et passent leur temps à regarder leurs écrans. Non désolé mais pour moi, mettre à l’avance un cours en ligne, cela revient à se saborder et finir sans boulot, avec des amphis vides !
– Tu y vas un peu fort Lucien, il faut faire un peu plus confiance aux jeunes…

Cette discussion « anecdotique » révèle une problématique réelle, ressentie par nombre d’enseignants autour de la mise à disposition à l’avance des cours, de leurs supports. Nous avons donc cherché à savoir, de manière empirique, si cette « pré-disponibilité numérique » des supports était génératrice d’absentéisme et de distraction en cours, ou à contrario, encourageait les étudiants à lire le support avant le cours, à être plus disponible en cours et donc plus attentif et enfin, à prendre des notes plutôt sur papier ou sur écrans.

Pour répondre à ces questions, nous utilisons les résultats d’une enquête sur les usages du numérique éducatif, des jeunes du collège à l’université et de leurs enseignants, menée en 2016-2017, pour illustrer les représentations de ces acteurs autour de la pré-disponibilité des supports de cours. Au final, est ce souhaitable de fournir à l’avance les supports de cours ? Est-ce lié au niveau d’étude ?

Plus d’info sur : Jean-François Céci
Retrouvez tous les articles sur Ludovia#16 et toutes les présentations d’ateliers sur notre page www.ludovia.com/tag/ludovia-2019

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