À l’occasion de LUDOVIA#23, l’Université d’été du numérique éducatif qui se déroulera du 24 au 27 août 2026 à Ax-les-Thermes (Ariège), un atelier Premiers Pas animé par Arnaud Champollion mettra à l’honneur une innovation conçue pour répondre à une difficulté bien connue des enseignants du premier degré : permettre aux élèves d’écrire de manière autonome, même lorsqu’ils ne connaissent pas encore l’orthographe des mots.
Intitulé « DiKomit, un clavier phonétique pour les élèves », cet atelier présentera un outil libre et gratuit qui inverse la logique traditionnelle du dictionnaire pour accompagner les apprentis scripteurs dès la Grande Section.
Quand le dictionnaire ne suffit plus
En production d’écrits, de nombreux élèves savent ce qu’ils souhaitent écrire… sans savoir comment l’écrire.
L’enseignant ne peut répondre simultanément à toutes les sollicitations et le dictionnaire classique se révèle souvent peu adapté aux jeunes enfants. Pour trouver un mot, encore faut-il déjà connaître une grande partie de son orthographe, notamment ses premières lettres.
Or, lorsqu’un élève écrit, il ne part pas des lettres mais des sons. Son raisonnement est phonologique : il entend un mot et cherche comment le transcrire. Face aux multiples graphies possibles d’un même phonème — faut-il écrire an ou en ? Ajouter un h ? Choisir au ou eau ? — la tâche devient rapidement complexe.
C’est précisément pour répondre à cette difficulté qu’est né DiKomit.
Un dictionnaire qui part des sons
Contrairement aux dictionnaires traditionnels, DiKomit fonctionne selon une logique inverse : l’élève recherche un mot à partir de sa prononciation.
Son nom associe « Dico » et « Komit », l’une des mascottes de la Forge des Communs Numériques Éducatifs, tout en faisant un clin d’œil à l’expression « Dis Siri ». L’idée est simple : permettre à un enfant de retrouver l’orthographe correcte d’un mot en partant uniquement de ce qu’il entend.
L’application repose sur un dictionnaire phonologique qui établit les correspondances entre les phonèmes de la langue française et leurs différentes graphies.
Au-delà de la simple recherche d’un mot, DiKomit accompagne le développement de plusieurs compétences essentielles :
- l’encodage phonologique ;
- la compréhension des correspondances entre phonèmes et graphèmes ;
- l’autonomie dans les activités de production d’écrits.
L’élève peut ainsi poursuivre son travail sans interrompre constamment l’enseignant pour demander l’orthographe d’un mot.
Un outil libre qui protège les données
DiKomit est un logiciel libre, gratuit et accessible depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone.
Son développement s’inscrit pleinement dans une démarche de numérique responsable. Pour fonctionner, l’application s’appuie sur d’importantes bases de données lexicales comprenant les lemmes, les prononciations, les fréquences d’usage, les genres ou encore les différentes graphies des mots.
Les données issues notamment de la base libre Lexique ont été enrichies afin de gérer les homophones, les rectifications orthographiques de 1990 et diverses spécificités de la langue française. Certaines opérations d’inférence ont bénéficié d’un appui de l’intelligence artificielle avant d’être systématiquement vérifiées et complétées par l’équipe de développement.
Autre choix fort : aucune donnée personnelle des élèves n’est collectée.
L’application fonctionne entièrement dans le navigateur de l’utilisateur, en JavaScript, sans transmission d’informations vers un serveur externe. Elle est par ailleurs hébergée sur la Forge des Communs Numériques Éducatifs, mise à disposition par le ministère de l’Éducation nationale.
Des premiers usages prometteurs
DiKomit a déjà été expérimenté dans plusieurs classes des membres de l’équipe de développement.
Les retours montrent qu’une courte phase de prise en main est nécessaire afin que les élèves s’approprient le fonctionnement du clavier phonétique et s’appuient sur les affichages de référence des phonèmes utilisés en classe.
Une fois cette étape franchie, l’outil favorise une plus grande autonomie des élèves dans leurs activités d’écriture. Les sollicitations adressées à l’enseignant diminuent, tandis que les élèves osent davantage écrire sans craindre de se tromper sur l’orthographe des mots.
Un ExplorCamp au service de l’autonomie des élèves
À travers cet atelier, les participants découvriront une approche originale qui met le numérique au service des apprentissages fondamentaux.
Loin de remplacer les apprentissages de l’orthographe, DiKomit constitue un outil d’accompagnement qui permet aux élèves de dépasser certains blocages liés à l’encodage tout en renforçant leur réflexion sur la langue.
Une démonstration concrète qu’une innovation numérique, lorsqu’elle est pensée par et pour les enseignants, peut devenir un véritable levier d’autonomie au service des apprentissages.
Arnaud Champollion présentera son atelier Premiers Pas le mercredi 26 août de 11h30 à 12h30, programme et inscriptions sur www.ludovia.fr
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