REPORTAGE 🎙️ La 7e Ă©dition de Ludovia#BE s’est achevĂ©e la semaine dernière en Wallonie avec près de 900 inscrits. Une Ă©dition marquĂ©e par une Ă©volution importante : le festival des pĂ©dagogies numĂ©riques devient celui des compĂ©tences numĂ©riques, Ă©largissant ainsi son public bien au-delĂ du monde enseignant. Intelligence artificielle, vibe coding, mĂ©diation numĂ©rique et citoyennetĂ© Ă©taient au cĹ“ur des Ă©changes. Franck Tiennebrune, chef de projet chez Digital Wallonia (ADN), revient sur cette nouvelle orientation.
Un changement de nom, mais pas de philosophie
Pour sa septième Ă©dition, Ludovia#BE a franchi une nouvelle Ă©tape de son dĂ©veloppement. Historiquement consacrĂ© aux pĂ©dagogies numĂ©riques, le rendez-vous wallon s’est repositionnĂ© comme un festival des compĂ©tences numĂ©riques, en cohĂ©rence avec les nouvelles orientations de la stratĂ©gie Digital Wallonia.
« Un grand changement sur la forme, mais moins sur la philosophie », résume Franck Tiennebrune, chef de projet chez Digital Wallonia (ADN).
Derrière cette Ă©volution, une ambition : ne plus limiter les rĂ©flexions aux seuls usages pĂ©dagogiques du numĂ©rique, mais s’intĂ©resser aux compĂ©tences nĂ©cessaires Ă tous les citoyens, Ă tous les âges de la vie.
Les enseignants restent au cĹ“ur du dispositif, mais le festival s’ouvre dĂ©sormais davantage aux formateurs, aux mĂ©diateurs et aux aidants numĂ©riques.
Une manière d’aborder le numĂ©rique comme un enjeu de sociĂ©tĂ©, et plus seulement comme un outil d’apprentissage.
L’intelligence artificielle et le vibe coding au cĹ“ur des Ă©changes
Comme chaque annĂ©e, la programmation de Ludovia#BE s’est construite Ă partir des propositions des participants et des intervenants.
Sans surprise, l’intelligence artificielle a occupĂ© une place importante dans les discussions, avec un intĂ©rĂŞt particulier pour le vibe coding, cette pratique qui consiste Ă utiliser l’IA pour gĂ©nĂ©rer du code informatique Ă partir d’instructions formulĂ©es en langage naturel.
Face au nombre de propositions reçues sur cette thématique, les organisateurs ont construit un véritable parcours associant formation, initiation, idéation et prototypage.
Mais au-delà des démonstrations et des expérimentations, le festival a surtout permis de poser des questions de fond.
Les compĂ©tences numĂ©riques que nous enseignons aujourd’hui seront-elles encore pertinentes demain ? L’intelligence artificielle rend-elle certaines connaissances obsolètes ? Quelles nouvelles aptitudes faudra-t-il dĂ©velopper pour rester autonome dans un environnement technologique en constante Ă©volution ?
Autant d’interrogations abordĂ©es notamment lors d’une table ronde rĂ©unissant Margarida Romero, Christophe Batier et Jean-François Ceci.
« Il n’y a pas de solution miracle, mais on sait qu’il y a beaucoup de chemins Ă tracer », souligne Franck Tiennebrune.
Les jeunes, citoyens numériques à part entière
Autre orientation forte de cette édition : la place accordée aux jeunes dans les réflexions sur le numérique.
Pour les organisateurs, il ne s’agit plus seulement d’apprendre aux Ă©lèves Ă utiliser les outils, mais aussi de les accompagner dans la comprĂ©hension d’une sociĂ©tĂ© profondĂ©ment transformĂ©e par les technologies.
« Nous, Ă Ludovia, on pense que les jeunes sont des citoyens aussi, parce qu’ils ont une vision de leur sociĂ©tĂ©, ils ont une vision de l’avenir », insiste Franck Tiennebrune.
Cette approche s’est notamment traduite par des collaborations avec la FĂ©dĂ©ration Wallonie-Bruxelles, le Service gĂ©nĂ©ral du numĂ©rique Ă©ducatif (SGNE) et le Conseil supĂ©rieur de l’Ă©ducation aux mĂ©dias (CSEM).
Éducation aux mĂ©dias, intelligence artificielle, esprit critique et comprĂ©hension des enjeux numĂ©riques ont ainsi nourri les Ă©changes, avec l’objectif de mieux prĂ©parer les jeunes aux transformations qui les concernent directement.
La médiation numérique, un enjeu tout au long de la vie
En élargissant son public, Ludovia#BE a également donné davantage de place à la médiation numérique.
Car si les technologies offrent de nouvelles possibilitĂ©s d’autonomie, elles peuvent aussi crĂ©er des difficultĂ©s pour les personnes qui ne disposent pas des compĂ©tences ou de l’accompagnement nĂ©cessaires.
Cybersécurité, intelligence artificielle, évolution rapide des outils et des usages : autant de sujets qui rendent indispensable le rôle des médiateurs et des aidants numériques.
Pour Franck Tiennebrune, l’acquisition des compĂ©tences numĂ©riques ne s’arrĂŞte pas Ă la sortie de l’Ă©cole. Elle doit s’inscrire dans un accompagnement tout au long de la vie.
Cette nouvelle dimension constitue l’un des changements majeurs de l’Ă©dition 2026, avec la volontĂ© de faire dialoguer des acteurs qui, jusqu’ici, ne se retrouvaient pas nĂ©cessairement dans les mĂŞmes Ă©vĂ©nements.
Près de 900 inscrits et une philosophie préservée
Au terme de cette septième édition, Franck Tiennebrune retient un bilan positif, avec près de 900 inscrits, mais surtout la qualité des rencontres et des échanges.
« Ce que tous me rapportent, ce sont des échanges riches, extrêmement intéressants et inspirants », confie-t-il.
Un rĂ©sultat qui semble conforter les organisateurs dans leur choix d’Ă©largir le pĂ©rimètre du festival.
Car malgrĂ© son changement de nom et l’ouverture Ă de nouveaux publics, Ludovia#BE entend prĂ©server ce qui constitue son identitĂ© depuis ses dĂ©buts : un Ă©vĂ©nement construit collectivement, oĂą les participants viennent autant partager leurs expĂ©riences que dĂ©couvrir celles des autres.
« Je pense que le but est atteint, avec un Ludovia qui a changé un peu de forme, a changé un peu son public, mais qui garde toujours cette philosophie des échanges, des ressources et des rencontres », conclut Franck Tiennebrune.
Avec cette septième Ă©dition, Ludovia#BE ouvre ainsi un nouveau chapitre : celui d’un numĂ©rique qui ne concerne plus seulement l’Ă©cole, mais l’ensemble des citoyens, dans une sociĂ©tĂ© oĂą apprendre Ă maĂ®triser les technologies devient une nĂ©cessitĂ© permanente.





