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Education numérique : Dans quelle mesure la mise en place de la neuropédagogie a permis de repenser la place du numérique

Depuis deux ans, je m’intéresse aux sciences cognitives et j’ai rapidement décidé de mettre en place une cogni’classe. Lors des différentes formations suivies, la place du numérique était réduite m’amenant à me demander quelle était la place du numérique dans une cogni’classe ?

Quels usages fait-on des outils numériques pour favoriser un meilleur ancrage des savoirs ? Les outils numériques sont-ils nécessaires dans un processus de cogni’classe ? Les outils numériques ont-ils vraiment une place dans le processus d’apprendre à apprendre ?

Dans la mise en place de la cogni’classe, j’ai choisi deux axes forts : la mémorisation et les feed-back. Se former aux neurosciences m’a fait prendre conscience de la nécessité de repenser la place du numérique, de réfléchir au choix des outils numériques mais aussi de la nécessité de modération de l’utilisation du numérique. Sur la dernière partie de l’année, le collège a emménagé dans ses nouveaux locaux : des classes flexibles, des espaces repensés et une véritable inclusion de matériel informatique dans chacune des classes, le défi pour continuer à faire vivre la cogni’classe dans cet environnement, très attrayant, pour les élèves fut d’autant plus important. Grâce à la flexibilité des classes, j’ai pu repenser l’organisation des moments forts de mémorisation en différents pôles dans la classe avec et sans outils numériques à disposition.

Apports du numérique :

J’ai repensé la place et l’utilisation des outils numériques dans ma classe. En effet, j’ai modéré le nombre d’outils employés pour me concentrer sur certains uniquement en fonction des utilisations prévues. Les premiers moments de mémorisation se font sans numérique, en revanche, plus tard, lors des moments anti-dory et des entraînements les élèves utilisent des outils numériques de type exerciseur, quiz…

Dans le cadre de la mise en place de la cogni’classe, j’ai également revu les évaluations, en particulier le feedback donné aux élèves. Le feed-back a effectivement un impact important dans le processus cognitif d’apprentissage de l’élève. Dans la mesure où c’est un des 4 piliers de l’apprentissage, il doit être véritablement constructif pour pouvoir progresser, j’ai ainsi créé en parallèle des parcours de remédiation entièrement numériques afin que les élèves puissent, après avoir pris connaissance du feedback, retravailler les points sur lesquels ils sont en difficulté et corriger leurs devoirs.

La plus-value de ces parcours de remédiation est qu’ils permettent aux élèves de travailler en autonomie et me permettent d’accompagner individuellement les élèves les plus en difficultés.

Relation avec le thème de l’édition :

La mise en place d’une cogni’classe m’a fait prendre conscience de la nécessaire modération des outils numériques pour plus de sobriété et pour éviter de submerger nos élèves. Cette interrogation sur les outils numériques entre également dans une réflexion sur les temps d’apprentissage, les outils numériques sont-ils nécessaires à chaque étape du processus de mémorisation ? Cette réflexion sur les temps d’apprentissage se voit liée à la problématique des espaces, comment modérer la place du numérique dans un environnement flexible neuf avec une présence forte du numérique ?

Retour d’usage en classe :  

Depuis 2020, je m’intéresse à l’apport des sciences cognitives dans les apprentissages. J’ai rapidement décidé de mettre en place une cogni’classe dans le but de travailler sur le « apprendre à apprendre » avec mes élèves. J’ai instauré un rituel de cohérence cardiaque au début de mes cours qui permet à tous de retrouver un état les rendant plus disposés aux apprentissages (plus calmes, plus attentifs…). Ensuite, à chaque début de chapitre, les élèves ont à disposition une fiche des essentiels afin de cibler les apprentissages. J’élabore également des fiches mémo mais à terme, ces fiches devraient être construites par les élèves. En ce qui concerne le processus de mémorisation, différents rituels numériques (quiz, exerciseur, flashcards…) et non numériques (ardoises, flashcards…) sont mis en place lors de différents temps d’apprentissage.

Les retours des élèves sont plutôt positifs : ils apprécient les fiches des essentiels et les fiches mémo qui leur permettent de cibler les apprentissages fondamentaux et de s’entraîner en autonomie. L’utilisation des parcours numériques d’entraînement sont aussi appréciés mais les élèves préfèrent réorganiser les temps d’apprentissage pour tout faire au collège. Les élèves apprécient les parcours de remédiation numériques individualisés qui leur permettent de conscientiser les erreurs, de mieux comprendre le résultat grâce au feed-back oral et surtout de revenir sur les points à travailler pour s’entraîner à nouveau puis corriger et enfin pouvoir valider la compétence visée.


À l’occasion de l’université d’été de Ludovia, 19ème édition, de nombreux enseignants et autres membres de la communauté éducative vont venir présenter leur expérience avec le numérique sur le thème de l’année, « Éthique et Sobriété numérique en éducation ». Ludomag se propose de vous donner un avant-goût de ces ateliers jusqu’au début de l’évènement, lundi 22 août.

Gaëlle Hallez présentera l’atelier explorcamp « Dans quelle mesure la mise en place de la neuropédagogie a permis de repenser la place du numérique » sur la session III « ESPACES ET TEMPS D’APPRENTISSAGE EN TOUTE « SOBRIÉTÉ » NUMÉRIQUE » mercredi 24 août matin.

Retrouvez tous les articles sur Ludovia#19 et toutes les présentations d’ateliers sur notre page dédiée. Plus d’infos : www.ludovia.fr

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